Comme un oiseau

Publié le par la freniere


Tu es ma maladie et mon seul remède. Tu es ma guérison. Il y a une heure que je pense à toi. Je pense à toi depuis hier. Il y a déjà un siècle que je pense à toi. Je penserai encore à toi au dernier moment. Il sera le premier. J'entre en toi comme un oiseau pénètre la lumière. Je retrouve des gestes que je ne savais pas. Je remplace les mots par un souffle sonore pareil à la rosée. Tu es là où j'existe le plus. Je suis là où tu vis le plus fort. Lorsque ma tête est vide, je me penche vers toi. Tu la remplis d'immense. Lorsque je suis petit, je viens grandir à toi. Lorsque la peur t'habite, tu me prends par la main. Parce que nous nous aimons, les oiseaux chantent mieux. Les fleurs sont plus belles. Le ciel est à portée de la main. Les caresses agrandissent nos corps. Notre pensée devient musique.


J'aime le printemps, les embellies, les pommes d'été. J'aime la vie mais moins que toi. Lorsque je pense au monde, aux fleurs, aux oiseaux, lorsque je pense au ciel, c'est à toi que je pense. Lorsque je pense au rêve, c'est à toi que je rêve. Lorsque j'écris, c'est pour toi que j'écris. Lorsque je fais un pas, c'est vers toi que je marche. Le bonheur de t'aimer est une seconde naissance. Je sais pourquoi je vis. Il n'y a plus de lieu de départ ni d'arrivée. Il n'y a que toi. Ce que je sais te dire, tu me l'enseignes encore, mille fois, cent fois, infiniment mille fois. Je te regarde avec amour, avec mon cœur, avec mes mains. Quand je te vois, l'eau qui dort s'agite au fond de moi.


Mes mains te soulèvent du sol dans un envol de caresses, doucement, très doucement, aussi doucement que le vol du pollen sous l'accolade du vent. Mes mains se vident sans toi. Je dois sans cesse revenir à la source. Je viens à toi retrouver le grand large, le doux émoi de vivre, l'espoir à bout de lèvres, l'amour à bout de bras, la terre refusant tout ancrage. Il n'y a qu'avec toi et les enfants  que je ne regrette pas d'être vivant. À me pencher sur toi, je m'approche du ciel. Mes mains trouvent ton corps. Le monde ressuscite aux caresses des lèvres. Ce que je voulais être le devient dans tes bras.


Je t'aime. Je te le dis multiplié par mille fois mon cœur. Quand tu parles, toutes les fleurs écoutent. Quand tu ne dis rien, je cueille ton silence. Je me recueille en toi. L'eau pour mes lèvres, c'est ta bouche. Tes yeux sont l'étincelle dans les miens. Même sans mains, il faut que je te touche. Bouche fermée, il faut que je te nomme. Même sans yeux, il faut que je te voie. Quand j'ai tout mes sens pour t'aimer, c'est sûrement le bonheur. Je retrouve par toi le rythme de l'eau claire. Je te regarde avec des yeux qui aiment, mes yeux de terre et d'eau où poussent tes racines. Mes lèvres sur ta peau, je goûte ton parfum avec la bouche en fruit.


Si je suis le désert, tu en es l'oasis. Je ne suis jamais nu. Je m'habille de toi. Même quand je suis loin, le courant passe entre nous. Il n'en finit jamais. Il suffit d'être nous. On ne s'épuisera pas. Avec toi, que je monte ou descende, je m'élève toujours. Tu inspires les fleurs quand elles s'ouvrent, les ruisseaux quand ils courent, les oiseaux quand ils chantent, les enfants quand ils jouent. Quand tu es là, même l'ombre devient lumière. Nous sommes si ensemble, il se peut que nous n'ayons jamais été séparés.


Je viens à toi ému comme un lilas, avec des pas de campanules, un balancement de vagues, les joues rouges d'amour. Nous vivons en nous comme la prune dans son noyau. Ensemble nous goûtons le bonheur. Je ne vois plus ma main sans ta main dans la mienne. Je ne sens plus mon corps sans ta peau. Je n'entends plus battre mon cœur sans entendre le tien. Je ne sens plus les fleurs qui n'éclosent pour toi. Sans toi, ni le jour ni la nuit ni le temps ni l'espace n'ont plus de raison d'être. Je sais pourquoi je vis. Tu es la réponse à toutes mes questions. J'oublie qui je suis. J'oublie qui tu es. Je ne vois que nous-deux. Quand ton centre est le mien, même ce qui nous sépare nous unit. Chaque seconde est l'anniversaire de notre amour.

 


Publié dans Prose

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