Mère 8

Publié le par la freniere


De fille-fleur en femme-fruit
tu as fait un verger.
Depuis le premier souffle
et la première graine
tu vis toujours en nous,
au milieu de l’humus,
dans les milliers de germes,
au milieu de nos corps,
dans la moelle de nos os.
 
Tu continues par les bleuets,
la pivoine, les merles,
par le labour qui commence,
par l’étincelle des moissons
et le travail des cantharides.
Tu continues d’aimer
au fond d’une friche,
au bout d’un champ.
 
De nos vagues emmêlées
tu es restée la mer,
la mer susurrante,
la mer murmurante,
la mère d’au-delà,
plus loin que les fuseaux,
plus loin que les bateaux,
plus loin que les oiseaux.
 
Tu coules comme l’eau
entre les feuilles, entre les pages.
Tu partages ta vie
comme un long pain humide
à la table du cœur.
Les oiseaux chantent avec ta voix.
Les vagues dansent avec tes pas.
Tu laisses pour nos barques
un long fleuve de vie
avec ses astres, ses étoiles,
ses planètes, ses lunes.



Publié dans Poésie

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