Mère 9

Publié le par la freniere


Tu continues par la bonace,
par l’aiguille et le fil,
la plume et le papier,
les baisers de l’archet
au cou des violons.
Tu verses du soleil
dans les tiroirs de l’âme
et le bruit des rivières.
 
Avec la main à l’Est,
avec la main à l’Ouest,
tes doigts sur l’horizon
comme la mer entière
tu peignes l’infini
et le brouillard en herbe.
Tu remmailles de pluie
les tricots de luzerne
 
Tu continues par la racine,
par la feuille et le fruit.
Je chanterai d’un souffle.
Je chanterai debout
comme un oiseau vole debout.
Tu m’as élevé sans chaînes
pour apprendre à donner.
Tu m’as montré la mer
dans un simple caillou,
l’absolu d’un poème
dans le parfum du lait.
 
Tu continues par l’eau,
le cœur sur la main,
les lignes sur la paume,
la sève, le cristal,
le souffle du brasier.
Tu m’as appris les mots.
Tu m’as appris la vie.
Je t’aime. Je te sème
En milles éclats de mots.


 
 

Publié dans Poésie

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