En toute langue (France)

Publié le par la freniere


J'écris en toutes langues;
je sais dire l'amour
en rose, en alouette;
causer flambeau;

je peux traduire l'homme
dans un vocabulaire
de couteaux; faire en nuit
le mot à mot du jour;

parlementer en arbre;
demander en caillou
ma route, l'heure en ombre:
mais toi, que parles-tu ?

*

Tu sens bon. Tu es simple.
Tu n'est que toi. Nichaud
ni froid ne décomposent
le don que tu me fais.

La menthe qu'on écrase
reconnaît sa folie;
l'oeillet flétri confesse
qu'il habille la mort.

Vainement je te froisse.
Tu ne peux dépasser
le goût de mes paroles:
tu es ce que je dis.




Un homme que déchirent
le froid, le vent, la pluie;
que recousent la peur,
la colère, la faim;

que sa faiblesse étale,
que sa marche replie;
un passant contredit
par tout ce qu'il approuve;

un nom sans domicile,
nulle part attendu,
au milieu de la rue
ramasse le destin.

 

Alexandre Toursky

Publié dans Poésie du monde

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