Mère 13

Publié le par la freniere


La mort n’efface pas
les odeurs de l’amour.
Ta prière parfume
les pointes des feuillages.
Tu as posé tes mains
sur nos lignes de vie.
Nous survivons ensemble
à l’hiver blanc des os.
Ta parole nous mène
bien plus loin que nous-mêmes.
 
La main lisse des enfants
garde la forme de ta paume.
Ta ligne de vie soutient
leur échine fragile.
Ton éloignement nous rend
étrangement intimes
et nous aide à saisir
ce dont nous sommes faits.
 
Je me souviens ce soir
de mes larmes d’enfant.
Toute la tendresse enfouie
dans les livres d’images
me remonte à la gorge.
Un frisson de la terre
me ramène vers toi.
Tu es la source sous la mer,
le feu qu’on passe
de main en main,
le vol dans l’oiseau
qui dessine le ciel.
 
Tu voulais tellement vivre,
tu n’as jamais vieillie.
Comment te remercier ?
Les mots sont trop petits
pour la grandeur de l’âme.
Tu as quitté la route
mais tes pas continuent.
Les mots disant merci
se prononcent à voix basse.
Ce sont des mendiants
distribuant leurs biens.


Publié dans Poésie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article