Mère 14

Publié le par la freniere


Bergère infatigable,
tes doigts tissant la laine,
de Louise à Norman,
de Francis à Sonia,
de Christine à Éric,
Tu as porté leur chair
jusqu’à la vérité,
leur soif jusqu’au sein,
leurs rires jusqu’au pain,
leurs larmes jusqu’aux mots.
 
Quand le retour de l’herbe
fait frémir mes pas
je revois tes couleurs
dans les gouaches du vent.
Avec tes gestes restés jeunes
tu nous redonnes à tous
une chance nouvelle.
De la vie à la mort
seul un ventre de mère
peut tenir ses promesses.
 
Tu es toujours en nous
dans une autre lumière.
Tout est resemencement.
Ainsi se fait la vie
du visible à l’invisible.
Tout demeure
de ce que tu as offert.
Nous savons mieux maintenant
que nous étions aimés.
 
Je suis assis parmi ta mort.
Tu croyais à une grosse fatigue
mais c’était la dernière.
Nous veillerons maintenant
sur ce que tu nous laisses,
l’amour, la bonté,
la tendresse des choses
que façonne le cœur.


 
 

Publié dans Poésie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article