Troisième suite (France)

Publié le par la freniere


Il faut réhabiliter ce qui n'existe pas.


Hautes vagues, celles de la gaieté océane dans la grand-voile de nos impatiences. Soyons exigeants, non coupables.


Plaisirs en repos, plaisirs en mouvement, et quelques paroles extérieures gravées sur le seuil d'une insistante Arcadie.


Dans son nid d'aventurière des comment donc et des n'est-ce pas, une voix, celle de ton énigme intérieure.


Orpailleur à genoux au bord de la rivière des mots, tamise pour voir !


La poésie se laisse prendre par surprise quand les autres recours sont épuisés. Le grand silence intersidéral est un labyrinthe analogue à celui de l'oreille interne.


Où il fait bon s'attarder, le soir venu, quand s'éloigne le monde.


N'exigez pas de moi que je calcule avec exactitude les oscillations de mon éthique ornementale.


Vous dirais-je que je préfère me trouver dehors, mais à portée de voix ? Que la beauté est inépuisable ? Toutes les syzygies sont bienvenues.


Les algues nues et brillantes, vestiges d'Ys engloutie, notre utopie océane. Les algues, chevelure de la fille du roi emportée au grand large sur son cheval d'écume. Les algues, les algues.


Gloire au vent qui attise le bûcher des images ! Gloire à l'énigme insoumise : elle renaîtra lumière originelle.


Tiens, encore une couleur tombée du ciel et cette cible pour le célèbre tir à l'arc ! Et la toupie qui vient heurter la Grande Barrière ! Tiens, le Radeau de la Méduse et une Infante un peu perdue au beau milieu du Sahara.


Beaucoup, beaucoup d'antimatière et l'insouciance des mots, lors des Trois Glorieuses, sur les barricades. Maintenant, rendez-vous au grand large, rendez-vous derrière l'horizon.


Foi d'animal : la joie intérieure a quelque secrète force pour se rendre la fortune plus favorable, disait Descartes.


Interroge plutôt ton chien qui dort et ne dort pas.

 

 

Jean-Clarence Lambert


Publié dans Poésie du monde

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