Le labour

Publié le par la freniere

 

Je vis sur le crédit

sur le bras sur l’amour

ma table des matières

offerte aux quatre vents

le rêve toujours tendu

au-dessus de ses forces

et l’âme se hissant

au-dessus de ses moyens

 

Quand je mourrai dans le trou

sans un sous sans un rond

je porterai ma vie

comme un soc de misère

labourant la lumière

 


Publié dans Poésie

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Lise 24/08/2009 10:45

Ce poème, Jean-Marc, c'est commme un chant qu'on chanterait en dedans, sans oser lancer la note trop fort. Lèvres closes, tu vois ? En murmure, en mi-voix ; en voilures et félures. En fredonnements denses et peureux. Comme si de le chanter allait faire venir le malheur. Je voudrais pouvoir écarter de la voix et du souffle l'ensorcellement des mots apeurants (1), le trou, le soc, la misère, la terre noire du labour. Le crédit, les forces qu'on imagine enfouies. Et l'âme, dont on se demande si elle sortira gagnante de cette longue lutte. ____ (1) (apeurant, c'est québécois, ça dit mieux que effrayant, parce que apeurant, c'est la peur qui monte, pas la frayeur soudaine)

Louise Langlois 23/08/2009 18:39

Au-dessus de ses moyens, en dessous de ses forces, la lumière du laboureur brise les socles, fait fondre l'estoc. Il évente les leurres, rapièce ses petits bonheurs.