Ce qui nous survivra

Publié le par la freniere


J’embrasse en toi ce qui nous survivra. L’amour ne peut être qu’absolu et l’absolu ne connaît pas le temps. J’arrache mes caresses pour t’en faire un manteau. Tu danses dans ma tête comme une pluie d’été. Quand tu regardes un arbre, toutes ses feuilles s’allument. J’entends même la sève qui chante tes louanges. Tes mots éclairent l’ombre. Tes pas lavent la route. Nous sommes à la fois semblables et différents comme les deux ailes d’un oiseau. C’est ensemble que nous touchons le ciel.


Entre nous, il n’y a ni proche ni loin. Il y a l’infini. Il y a l’absolu. Nous nous y enlaçons. On ne peut plus nous séparer. Sous ta robe, il y aurait Dieu si je croyais en Dieu. Il y a toi et c’est encore meilleur. Tu es assise sur mes genoux. Je t’aime jusqu’au fond de mes os, à toutes les pages de ma vie, celles d’avant, celles d’après. Tu entres à petits pas dans chacune de mes lignes. Tu mets du feu dans l’encrier, de la lumière dans mon ombre. Tu débordes partout. Mes doigts sont tachés de lumière. L’amour est un grand cheval fou. Il rue dans les brancards et s’échappe dans les champs, sans bride ni licou.


Lorsque ma vie entière partait en morceaux, tu m’as rendu à mon corps. Tu m’as regardé comme personne. Tu m’as regardé comme tout. Chaque soir, en buvant ta tisane, tu rameutes les anges. Ce qui bat dans mon cœur, au cœur même du cœur, c’est le temps de toi. Ne meurs pas, mon amour. Vis toujours avec moi. La solitude sans toi ne serait qu’une foule et je veux être deux. L’absence ne serait plus absente. La distance ne serait plus qu’un mot. Les mots ne voudraient plus rien dire. Le temps n’aurait plus de sens. Le cœur n’aurait plus de sang. L’espace serait de trop.


Quand je tends l’oreille au coquillage de ton corps, j’entends plus que la mer, j’entrevois l’infini. Mes mains en coupe sur tes seins y boivent l’impossible. C’est ta voix qui chuchote l’oreille de ma vie. C’est ta vie que j’entends avec la peau des mains. Lorsque tu danses toute en peau sur le plancher de bois, tous mes doigts tambourinent sur ton drum de bonheur. Ton dos vient boire sa chaleur au bol de mes mains. Parvenus sur le toit, à portée des nuages, il fallait que nos clefs se rencontrent pour que la porte s’ouvre.


Publié dans Prose

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