À la mort abolie (France)

Publié le par la freniere

Puisque tout ce qui est de vie
Se relie
Nous consentirons
A la marée qui emporte la lune
A la lune qui ramène la marée
Aux disparus sans qui nous ne serions pas
Aux survivants sans qui nous ne serions pas
Aux appels qui diminuent
Aux silences qui continuent
Aux regards figés par les frayeurs
Au bout desquelles un chant d'enfant revient
A ce qui revient et ne s'en va plus
A ce qui revient et se fond dans le noir
A chaque étoile perdue dans la nuit
A chaque larme séchée dans la nuit
A chaque nuit d'une vie
A chaque minute
D'une seule nuit
Où se réunit
tout ce qui se relie
A la vie privée d'oubli
A la mort abolie


François Cheng, Qui dira notre nuit, Arfuyen, Orbey 2001

Publié dans Poésie du monde

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