Paroles indiennes

Publié le par la freniere

La légende du corbeau

… En Alaska, on raconte que le Grand Corbeau avait créé le monde et tout ce qui existe…
A l’origine, il n’y avait rien, ni lumière, ni plantes, ni animaux, ni Inuit.. Tout n’était que ténèbres. Mais, au cœur de ces ténèbres, déjà, il y avait Corbeau. Il était tout petit et faible, et ses pouvoirs surnaturels n’avaient pas atteint leur pleine maturité. En fait, il ignorait qu’il était doué de dons exceptionnels. Recroquevillé sur le sol, dans l’obscurité, il écoutait. Il n’y avait aucun son, rien.

Il tâtonna autour de lui. Le sol était dur et sec. Mais, à mesure qu’il progressait, derrière lui, les êtres et les choses s’éveillaient à la vie. L’herbe se mit à croître, les arbres sortirent de terre. L’eau ruissela d’entre les fentes et les ruisseaux grossirent et devinrent rivières. Collines et montagnes poussèrent leur tête hors du sol. Lorsque Corbeau fut revenu à son point de départ, il fut stupéfait de trouver une forêt et son épais sous-bois d’herbes, de fougères et de buissons trapus.
Encouragé par ces débuts, il voulut explorer plus avant , mais, bientôt, il s’arrêta et recula en tremblant. Il n’y avait plus de sol. Devant lui s’ouvrait le vide en un abîme béant !


Réfugié sous un arbre, il chercha à comprendre.

Qui était-il ? Qui faisait naître les choses ? Qu’y avait-il au fond de cet abîme ? Brûlant de curiosité, il résolut d’éclaircir ces mystères.

Il se pencha au bord du gouffre, déploya ses ailes et les sentit devenir fortes, puissantes. D’un coup, tout fut clair. Il sut qui il était. Il était Tuhugantuk, Corbeau le Père, créateur de toute vie. Avec un croassement de triomphe, il étendit les ailes et plongea en douceur dans l’abîme.

Tout au fond, il découvrit une autre contrée, si récente que la croûte en commençait à peine à durcir. Corbeau la nomma " Terre " et " Ciel ", la contrée qu’il avait laissée là-haut. La Terre était stérile et déserte, comme la contrée du Ciel l’avait été ; mais, par sa seule présence, Corbeau l’amena à la vie, et, bientôt, elle aussi, se couvrit d’arbres, d’herbes, de plantes et de fleuves.

Cependant, l’obscurité continuait à envelopper toute chose.


Soudain, une fine pointe de lumière accrocha son regard. Corbeau se pencha et aperçut un éclat de mica à moitié enfoui dans le sol. Comme il grattait la terre pour dégager ce fragment, la lumière grandit et se mit à briller de plus en plus fort. Tout en se protégeant les yeux de l’éblouissement, Corbeau leva le mica très haut vers le ciel et, en un instant, le monde resplendit des rayons du soleil.

Alors, Corbeau le Père put voir ce qu’il avait créé. C’était un temps merveilleux de hautes montagnes coiffées de neige, de forêts et de pentes boisées, de plaines et de vallées herbeuses, arrosées de rivières, de lacs, de ruisseaux, tous brillant et luisant dans la pure lumière.

Corbeau visita ces jeunes terres, inspectant son œuvre avec fierté. Sur le rivage, il vit une vigne géante de pois maritime. Aussi haute qu’un bouleau et ses rameaux lourds de gousses vert pâle, elle dépassait toutes les plantes.

Soudain, avec un bruit sec, une cosse éclata. De l’enveloppe, tomba un homme ! Corbeau fit un bond en arrière, tout interdit par cette apparition inattendue. Le prmier Inuit s’assit par terre et frotta ses yeux éblouis de soleil.

" Eh bien ! s’écria le Grand Corbeau. Je n’aurais jamais imaginé, quand j’ai créé ce pois maritime, qu’il en sortirait une chose pareille ! "

Il tourna autour de la créature, l’examina soigneusement. Quand tous les deux furent revenus de leur surprise, Corbeau montra son œuvre à l’Homme, qui en fut fortement impressionné.

" As-tu faim ?demanda Corbeau. Ces baies sont bonnes à manger. Goûte. "

L’Homme mangea ce que Corbeau lui offrait et s e sentit mieux, quoique pas complètement rassasié. Corbeau vit qu’il fallait trouver quelque chose de plus nourrissant ; aussi, après réflexion, il prit un peu d’argile au bord de la rivière et façonna deux petits animaux qu’il dota de pattes courtes et robustes et de grandes cornes en forme de croissant. Il étendit les ailes au-dessus, les releva au bout d’un moment et deux grands bœufs musqués s’élancèrent vers la plaine.

De la même manière, …
 

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