Index des travaux du vent (Arabe)

Publié le par la freniere

J'ai écrit mon identité
A la face du vent
Et j'ai oublié d'écrire mon nom.

Le temps ne s'arrête pas sur l'écriture
Mais il signe avec les doigts de l'eau

Les arbres de mon village sont poètes
Ils trempent leur pied
Dans les encriers du ciel.

Se fatigue le vent
Et le ciel déroule une natte pour s'y étendre.

La mémoire est ton ultime demeure
Mais tu ne peux l'y habiter
Qu'avec un corps devenu lui même mémoire.

Dans le désert de la langue
L'écriture est une ombre
Où l'on s'y abrite.

Le plus beau tombeau pour un poète
C'est le vide de ses mots.

Peut être que la lumière
T'induira en erreur
Si cela arrive
Ne craint rien, la faute est au soleil

Adonis


Publié dans L'Orient - Le Jour du 12 mars 1998 et traduit de l'arabe par Francois Xavier

 

Publié dans Poésie du monde

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