Avertissement d'un neveu

Publié le par la freniere

 

Oncle, ton complet neuf

n’est qu’une armoire ancienne

où l’on découvrira, si l’on y cherche bien,

tes habits d’autrefois, plus ou moins étouffés.

 

Et si ton ventre s’arrondit,

c’est que la semaine est trop courte

et bourrée ton armoire.

 

Oncle, te voilà donc saisi par la vieillesse,

Pareil au pied naïf qu’a séduit la gelée.

Tu ne seras jamais voyageur de commerce :

métier léger exige une langue légère.

 

Tu n’as rien voulu vendre

de tes vestons troués, ne fût-ce que leurs trous.

 

Et tu attends, ralentissant,

les enchères de Dieu qui paye avec des trous.

 

Roland Dubillard

 


Publié dans Poésie du monde

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