Bâtir chaque instant

Publié le par la freniere

Bâtir chaque instant de ma vie sur le tourbillon, je l’ai voulu,
sur la rafale et la colère, sur la vie mesquine éventrée, sur la
déchirure et le tremblement, les jours des hautes cîmes, les passions
étincelantes, je l’ai voulu, les campements, les départs, l’aube
intense et la fuite, puisque j’adore comme un sauvage l’aveuglant
tournoiement solaire, les collines d’épines, les collines blanchies
et fendues à son feu, car moi aussi je réclame, j’exige de vivre
comme du feu, avec autour de moi un horizon de soif de griffes
et de silence.

 

Je veux le grand, je veux l’extrême, la poire entière et non en
deux, et comme j’aime les terres de pierres que lime la chaleur –
ces terres de vertige, vertige des brûlures, de haut ciel et d’im-
placable clarté flamme- j’aime aussi le ciel noir la forte lame
et le vent âpre sur les plages qui s’endorment, les abris emportés,
le tonnerre des galets, le repos qui s’écroule, chaque barque affolée
et tout le calme remis en cause.

 

Jean Pérol

Publié dans Poésie du monde

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