Ces pauvres députés

Publié le par la freniere

Vous devez certainement faire partie du 80% des Québécois qui touchent 40 000 piastres par année. Consolez-vous, les députés du Québec qui gagnent 88 186$ de base annuellement essaient de nous tirer les larmes sur leur piètre traitement.

 

Si ça continue, ces députés vont devoir remplacer les céréales Special K du matin par du vulgaire Cheez Whiz, ce qui on le sait serait irrémédiablement dommageable pour le fonctionnement de leur cerveau. Un comité consultatif indépendant a réévalué le gagne-pain des députés, et réclame pour eux une augmentation du salaire de base de 88 186$ à 136 010$. C’est infiniment plus que le 25 cennes d’augmentation qu’Alain Bouchard, le tortionnaire de Couche-Tard, accorde à ses nouveaux employés syndiqués sur leur salaire minimum.

Vous savez quoi? Je trouve que l’idée même de penser augmenter nos députés est proprement dégoûtante. D’abord la province est dans le trou de 2,5 G$ cette année. Est-ce que c’est le moment de récompenser nos députés pour leur si piètre performance à débusquer le gaspillage? Parce qu’il faut savoir qu’en plus du salaire de base, les députés reçoivent une allocation non imposable de 16 027$, donc au total 104 213$. C’est grassement payé pour des gens dont les deux seuls défis sont de toujours répondre comme le chef du parti, et de tenter de garder les yeux ouverts durant les très ennuyeuses séances de l’Assemblée nationale.

Je sais que vous allez me dire que ce ne doit pas être jojo aussi de devoir s’enfiler deux ou trois blés d’Inde lors des visites d’associations de comté en région rurale ou des salades de macaroni dans les sous-sols d’églises. Mais avec du beurre, c’est le lubrifiant par excellence pour que le tout entre et sorte…

MAIS IL Y A CE GROS JACKPOT, LA RENTE DE RETRAITE

En plus, ce qu’on ne vous dit pas, c’est que si le député devient whip ou participant d’une commission parlementaire ou président, même, de cette dite commission, le salaire total dépasse déjà largement le 100 000$, tel un président de commission parlementaire qui va toucher 110 233$. Mais ce qu’on ne claironne pas trop trop, ce sont surtout les primes de départ et la fabuleuse rente de retraite. D’abord vous. simple travailleur mortel, vous ne pourrez jouir de votre pleine retraite qu’à 65 ans. Et rendu là vous êtes à moitié mort. Un député peut la prendre dès 60 ans et il est frais et dispos.

Et quand on dit pleine retraite pour un ouvrier moyen, c’est admis qu’il touchera 70% de son plein salaire. Si un député, par contre, réussit l’exploit à se maintenir 25 ans en politique, celui-ci touchera à vie 100% de son traitement. Prenons deux cas modèles. Vous avez le libéral Jean-Marc Fournier. Il a quatorze ans de députation dans le corps. S’il décide de prendre sa retraite à 60 ans, il touchera à vie 69 599$. En connaissez-vous beaucoup. des petits travailleurs qui ne bosseront que 14 ans et qui ensuite toucheront un tel gros lot à vie?!  C’est un peu plus que la Roue de fortune.

LE CAS LOUISE HAREL

Quand Louise Harel a quitté la politique, elle cumulait 27 ans à l’Assemblée nationale. Elle a été tour à tour députée et ministre. D’abord elle a encaissé une prime de départ de 135 000$, qu’elle a essayé de faire rentrer dans son petit cochon. Et en plus, elle touche un salaire annuel de retraitée de 117 248$. Avec de si beaux revenus (sans compter ce qu’elle a amassé en politique municipale) elle peut maintenant passer ses heures avec un beau châle sur ses épaules et faire du tricot toute la journée à nos frais. Pendant ce temps-là nos taxes augmentent continuellement et de toutes les façons. Faut faire vivre à la fois les BS profiteurs et légions, et nos députés.

Quand on pense que tous les partis politiques ont trempé de surcroît dans la corruption. Leurs députés sont chanceux d’avoir encore de tels salaires.

ET DE BELLES JOBS ENSUITE

Parce qu’ils sont en en forme, les députés retraités ne retraitent pas vraiment. Ils passent à la caisse et vont se chercher de beaux emplois dans des cabinets d’avocats, d’ingénierie et quoi encore. Charles Lapointe, l’ex de Tourisme Montréal, notre grand profiteur épinglé la semaine dernière, en plus de tout ce qu’on a su de son traitement de vie royal, touche une retraite de député fédéral. Monique Jérôme-Forget, qui était aux finances quand est arrivé la débâcle à la Caisse de Dépôt et Placement du Québec (qui a fait perdre 42 milliards de notre bas de laine à nous, Québécois) est allée se trouver une belle niche dans un cabinet d’avocat à 400$ l’heure. Elle a eu droit à sa prime de départ et une retraite en platine.

Et je ne parle pas de Jean Charest, qui lui doit ramener de maudites belles paient à la maison, avec son rutilant poste d’avocat dans un grand cabinet de Montréal. Michèle, sa femme, n’a pas à s’inquiéter pour son nouveau manteau de fourrure. En politique ce n’est pas ce que tu touches le moment présent qui compte, c’est ce qui viendra après qui sera juteux en diable.

Alors ma gang de fainéants, demeurez avec ce que vous estimez vos minables conditions… Nous on se retiendra pour ne pas pleurer… sur notre sort.   

 

Daniel Rolland   La Métropole

Publié dans Glanures

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