Cette femme

Publié le par la freniere

Quand je la croise cette femme, elle me fascine. Impossible de savoir d'où elle vient, ou elle va. Des ailes semblent la porter, on ne les voit pas mais elles sont là, dans le simple de son allure. Et la bienveillance de son regard. Elle a souvent des fruits, des rires, des mots gentils, du pain, dans son panier. Une longue robe sans bijou, et à sa main l'anneau brillant dont ne sait le lien. Quand elle chante c'est joyeux, frais comme une joue d'enfant. Elle ne dit pas son nom, ni son âge. Je crois qu'elle n'a pas de nom, ni d'âge. Sa maison semble toujours au bout du chemin. Une maison claire avec des volets bleus, et un ruisseau limpide. Tout semble facile, comme une liberté que l'on ne connaît pas. Certains disent qu'elle pleure parfois, ou qu'elle a pleuré. Elle semble aimer les gens juste pour ce qu'ils sont mais elle n'est nulle part dans les rassemblements, les agitations. Elle ressemble à une pluie qui laverait les terres encombrées. Chez elle ça sent la lavande, le lilas, le muguet, le miel ; je ne sais pas vraiment dire l'odeur exacte. Quand je croise cette femme, je pense à la bonté, la confiance, la paix de l'âme. Oui c'est ça, quand je la croise, je pense à l'âme.

 

Ile Eniger - Le chemin, encore (à paraître)

Publié dans Ile Eniger

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