Cloués au port

Publié le par la freniere

Je leur dirai que le lien qui relie les hommes jadis vêtus de peaux de bêtes à ceux qui arborent désormais des costumes trois-pièces est tressé dans une seule et même corde. Apparemment, rien ne bouge. Le clapot des vagues n'a pas varié depuis la nuit des temps. Les aboiements des premiers chiens non plus. Je leur dirai que ceux qui sortent se soulager vite fait contre les pierres en profitent pour mêler mal-être au souffle rugueux du vent de mer et aux pluies salées, cinglantes, toniques venues de Glasgow, de Londres ou de Belfast. Sûr que, loquace et banal, j'ânonnerai des trucs usés. Après, j'accepterai, bien obligé, d'être comme eux: frappé de mutisme, attendant que le gravier crisse et que vous, les jeunes, futurs visiteurs, daigniez ponctuellement vous déplacer en bord de fosse.

 

Jacques Josse

Publié dans Poésie du monde

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