Comme une eau de soleil

Publié le par la freniere

 

Aujourd’hui, j’ai transporté des livres. Seuls les tiens étaient légers. Le poids de notre amour ne pèse pas sur l’âme. Elle s’envole avec lui. J’entends le cri des hirondelles lorsqu’elles dessinent ton visage sur la toile du ciel. Ce qui existe entre nous n’aura jamais de fin. Je le sais. Je le sens. Nous étions destinés l’un à l’autre. Tu me parles du ciel. Je t’apporte la terre.. Des parfums de jasmin se mélangent à la neige.

         Peu importe la mort, je m’arrangerai pour vivre et t’aimer plus longtemps. Je m’enfonce dans tes yeux pour te voir. Je te touche avec tes propres mains. Nous sommes si unis. Lorsque tu n’es pas là, je ne suis qu’à moitié, la part de l’ombre. Tu es ma face de lumière. C’est au fond de toi que je laisse mes plus beaux mots. Ton regard est pareil au verre qui déborde et laisse sur ma peau comme une eau de soleil.

         Mes jambes sont des routes qui conduisent vers toi. Mes mains sont des nageurs sur la mer de ton corps. Mes doigts sont des ruisseaux qui chatouillent tes seins. J’étais un mot coupé en deux. C’est toi le bout qui manquait. On peut maintenant nous lire tout entier, unissant l’alphabet à la bouche qui parle. Nos voix font exister nos mots. Nos mains font exister nos gestes. Nos corps font exister l’amour et l’amour nous fait vivre.

         Je t’écris en fermant les yeux pour mieux t’imaginer. Tu es debout derrière moi en petite robe indienne. Reste là, je t’en prie. C’est à toi que je parle. Plutôt que de l’écrire, je préférerais lécher tes seins. La mer monterait jusqu’à ma bouche avec l’eau des voyelles. Le temps n’est rien ni l’espace. Nous habitons ailleurs. Tu es là. Je le sais. Je le sens. Je le vis comme je l’écris. Ce n’est pas aux battements de mon cœur que je dois d’être vivant, c’est aux battements du tien. On trimballe la même quête infinie. J’ai mis ton parfum sur l’oreiller pour coucher avec toi. Il s’en échappe des effluves de bonheur. Tu es là, derrière moi, dans mes bras, sous ma peau. Tu peux ouvrir la porte. Nous sortirons ensemble. Nous nous mettrons à deux pour décrocher la lune. Je marche avec toi dans la merveille du monde, celle qui est donnée mais ne s’achète pas.

         Tu es l’eau où je plonge ma langue, où je coule avec toi. Je suis entouré d’eau. C’est pour toi que je nage. J’ai trouvé une vie dans la vie, une route sur la route, un nous entre le je et le tu. Quand il pleut, je sors prendre l’air pour m’approcher de toi. Tu es toute l’eau du monde qui coule sur ma tête et m’inonde le cœur. Je frissonne. Je tremble. Je divague sur l’eau comme un esquif de bonheur. Sous ton encre amoureuse, mes longs bras de papier deviennent branches nues. Notre vie non écrite, il faut la vivre comme la plus belle des histoires d’amour.


Publié dans Prose

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Jimidi 11/08/2010 22:04



(Dans "je divague sur l'eau", bien sûr)



Jimidi 10/08/2010 21:40



Si j'osais, je suggérerais bien de remplacer "l'eau" par "l'onde" dans la phrase :
"Tu es toute l’eau du monde qui coule sur ma tête et m’inonde le cœur. Je frissonne. Je tremble. Je divague sur l’eau comme un esquif de bonheur. Mais c’est pour dire quelque chose qui ait l’air intelligent, ce texte est tout à fait bien tel quel. Une nouvelle fois, bravo !