De colère et d'espoir

Publié le par la freniere

Quarante ans d’engagement social et politique n'ont pas altéré les idéaux de Françoise David qui continue de défendre ses convictions avec une passion contagieuse.

Dans ce carnet de colère et d’espoir, l’auteure raconte son parcours personnel, ses rencontres, ses luttes, mais aussi son amour profond pour ce « pays rêvé qui existe déjà au fond de moi ».  Elle nous parle de sa vision d’un Québec du bien commun et de l’égalité, un pays vert, démocratique où l’on vit en français.

Ce livre  révèle une femme curieuse et optimiste, qui formule des propositions audacieuses sans craindre les sondages.  C’est ce qui s’appelle du courage et de l’intégrité, et il en faut en ce début de siècle. La démocratie est malade. La majorité des gens s’appauvrit. Le système de santé est gangrené par les privatisations. Nos ressources naturelles et énergétiques sont cédées à des prix dérisoires. « Ça suffit », écrit Françoise David qui nous appelle à la mobilisation citoyenne et politique.

Sept ans après Bien commun recherché, la présidente et porte-parole de Québec Solidaire est en colère. Mais elle  conserve un espoir inébranlable  et travaille au jour le jour « avec des femmes et des hommes généreux, intelligents, créatifs, pour retricoter, maille à maille, un monde bien amoché».

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«C'est un livre essentiel. Un livre-référence. Un livre qu'il faut avoir sous la main pour ne pas rester une patte en l'air quand vous entendrez le ministre des Ressources naturelles, ou M. Lucien Bouchard, ou quelque autre Facal dire que c'est bien beau, la répartition de la richesse, mais pour la répartir, il faut d'abord en créer... cette immense tarte à la crème des idéologues de droite.

Ce livre essentiel, c'est De colère et d'espoir de Françoise David, publié chez Écosociété.

Si vous êtes de ces gens, comme moi, plus ou moins analphabètes politiques, complètement nuls en économie et néanmoins convaincus que le bien-être des humains ne peut pas dépendre de la course effrénée aux profits, ni de la consommation, pour qui le «go shopping» du 12 septembre de M. Bush était une indignité presque aussi grande que celle à laquelle elle répondait...

Alors vous devez lire De colère et d'espoir, de Françoise David.

Même si vous n'êtes pas de gauche vraiment, si vous pensez comme beaucoup que le capitalisme est sans doute incontournable sauf qu'il ne doit pas, qu'il ne peut pas être toute la société, que le rôle de la société est justement de civiliser le capitalisme, de le faire cohabiter avec les droits fondamentaux des individus, droit au logement, droit à l'éducation gratuite parce que si elle n'est plus gratuite, elle devient un privilège, même chose pour la santé, bref, si vous croyez que l'égalité n'est pas l'égalitarisme...

Alors vous devez lire De colère et d'espoir de Françoise David.

Si vous n'avez rien compris aux récentes crises financières mondiales, sauf que vous avez très bien compris que les profits des banques étaient privés mais que leurs pertes étaient publiques, si vous vous posez ce genre de question: être de gauche a-t-il encore un sens? Alors vous devez lire De colère et d'espoir.

Mais je dois vous avertir: ce n'est pas un thriller. C'est même un peu plate. Plus qu'un livre, on est devant un dictionnaire, un répertoire, qui aurait gagné à s'adjoindre un index qui eût renvoyé aux mots-clés, féminisme voile gaz de schiste travail au noir précarité syndicalisme salaire minimum-maximum guignolée immigrants engagement - langue française personnes âgées - commerce de proximité économie plurielle, etc.

Un répertoire à annoter pour retrouver l'endroit quand le ministre des Ressources naturelles assène à Maisonneuve qu'avant de répartir la richesse, il faut la créer. Ah voilà! Pages 164-165, économie alternative. Le voile, page 120, l'immigration, page 111, etc.

Cela dit, il y a des erreurs, petites mais qui disent pourquoi Françoise ne sera jamais Amir Khadir, pourquoi j'entretiens les plus grandes craintes quant à ses chances de se faire enfin élire dans Gouin (troisième tentative) aux prochaines élections.

Page 171, ceci: Nous (Québec solidaire) avons un député, Amir Khadir. Il est populaire. Parce qu'il dérange l'establishment. Françoise, je vais oser, par amitié, ce qu'aucun de tes conseillers n'oserait, par respect: déranger l'establishment, c'est seulement la moitié de la popularité d'Amir. L'autre moitié, c'est son show. Amir donne un super bon show, sans cabotiner (ou à peine), et c'est parce qu'il donne un très bon show qu'il dérange l'establishment.

Il manque à ton livre la moitié spectacle. Je crains qu'elle ne soit pas dans ta nature. Je crains que tu n'y condescendes jamais. Je crains, pour tout dire, qu'aux prochaines élections, il te manque «la part du show».

Dans le genre moins c'est sauté, plus ça l'est, le pompon irait, sans aucune contestation, à mon amie Françoise.»

 

Pierre Foglia   in La Presse

Publié dans Glanures

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Alors je le lirai. Merci de cette publication qui nous alerte sur cet ouvrage.