Ensemble

Publié le par la freniere

Je n’ai pas l’espoir que tu deviennes une autre. C’est toi que j’aime, telle que tu es. C’est ensemble que nous devenons meilleurs. Sens-tu mes mots blottis contre tes seins, mon souffle sur ta nuque, ma bouche à ton oreille ? Mes mains parlent ta langue. Même loin, tu es toujours à portée d’un mot, d’un baiser, d’un appel. J’attends ta parole amoureuse. Elle m’arrive plus vive que la vie. Elle m’ouvre toutes les portes. Chaque nuit, je m’endors dans ta voix.

        

Ce soir, je t’écris sur le ciel, une longue lettre d’amour, des rivières aux nuages, de la pierre aux étoiles. Lis-moi entre les lignes. Je suis tout entier enveloppé par toi. Tu es mon dehors et mon dedans, ma route et ma demeure. Quand je m’enfonce en toi, je monte et je m’élève. Nous sommes sans début et nous sommes sans fin. Lorsque nous nous aimons, toute la terre aime avec nous. Les quatre éléments n’en forment plus qu’un seul.

        

Nos chaleurs communiquent. Nos corps se comprennent. Il y a plusieurs façons de parler. Il y a des mots qu’on ne dit qu’à voix basse. Ils deviennent caresses. Tu m’apparais quand je ferme les yeux. Les couleurs se ravivent. Le moindre bruit devient musique. Des oiseaux de lumière virevoltent dans les arbres. Tant de vie, tant de toi, tant de nous m’aspire vers le haut.

        

Nous marchons d’un même pas, de la source à la mer, des racines à la cime, du bas du ventre à la hauteur du ciel. Je voudrais qu’on se prenne, là, tout de suite, dans un pré, un grand lit de lavande, tes seins ronds dans mes mains, mon corps contre ton corps, mes lèvres prolongeant les lignes de ta bouche, sans commencement ni fin. Je voudrais qu’on se lie d’une éternelle étreinte.

        

Nous avons mis la nappe entre ailleurs et ici. Nous dinons face à face. Nos pieds se touchent sous la table. Le café fume. Le soleil sent bon. Les baisers fondent sur la langue. Nos corps exultent d’un amour infini. On se passe le pain, goûtant le bonheur avec une même faim. On s’échange nos mains, nos regards, nos voix. Ton ventre bouge sous ma main chaude. Tes seins se dressent vers ma bouche. La vie reflue au confluent des jambes et le vent de la vie nous porte l’un vers l’autre.

        

Je t’envoie des phrases pour se prendre par la main, des mots pour se toucher, des images pour se voir, des bras chauds pour guérir, des métaphores pour s’aimer. Je t’envoie une lettre pleine de nous. La peau du jour s’étire sous nos caresses folles et notre âme s’élève. Quand j’écoute battre mon cœur, c’est ton nom qu’il prononce. «Je t’aime». Qu’écrire d’autre ? Ce sont les seuls mots dignes de toi, la seule vraie parole. Une vie ne suffit pas à l’épuiser. Il faut l’éternité à l’âme des amants comme le fer à l’aimant, le soleil à la terre, le nuage à la pluie, la main sur le crayon. Où que j’aille avec toi, une simple boutique, un bout de quai, un sentier de montagne, chacun de ces lieux devient un paradis.

        

Je ne demande plus rien à la vie. Je t’ai. Je t’aime. Je t’envoie mille caresses postées à l’infini. Elles me reviennent pleines de toi. Je les renvoie et les garde tout à la fois. Tu fais de même à l’autre bout. Je t’aime à temps plein. À part écrire, mon seul but est de t’aimer. Il y a longtemps que je marche vers toi. Je suis en toi maintenant, avec toi, pour toi, plus vivant que jamais. Je déjeune avec toi. Je mange tes mots, des mots comme des fraises, tout un repas de phrases. Dis-moi tout ce que tu sais, le savoir des âmes. Donne-moi tout. Quand tu te tais, ton sourire m’éclaire jusqu’au fond des os. Je te regarde et je nous aime côte à côte. Il y a quelqu’un en nous. Il y a l’amour. Tu me vas bien comme les doigts à la main, la parole à la bouche, le pollen à la fleur. Il n’y a pas d’amour impossible.

Publié dans Prose

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S
<br /> Je passais par là quand j'ai vu ce lit avec tous ces mots étalés (joyaux, joyeux). Je me dis que Dieu existe, il s'appelle Toi et Moi, ou toi dans moi. Je suis jaloux de la richesse de La<br /> Freniere, mon lit à côté est livide. Aussi j'en appelle à Dieu pour me donner un peu de cette grâce de l'invulnérabilité de l'amour.<br />