Fragments de l'hiver

Publié le par la freniere

Les chiffres de la neige font

une somme incalculable. Les

plus frileux la retiennent sans

mémoire.

 

C’est le nombre immaculé d’un

phénomène infiniment prouvé.

 

La rigueur ne fut jamais aussi

poudreuse.

 

*

 

Qui veut connaître la neige

doit retenir son haleine et

devenir exsangue comme l’immensité.

 

La main qui l’examine doit être

au degré zéro de l’ardeur.

 

Ici, la seule faculté requise

est l’inaptitude à la rhétorique.

 

*

 

Par divisions impalpables, la

neige vient à bout de toutes

les alternatives de l’apparence.

 

Rien ne subsiste de ce qui

frisait l’image.

 

Cependant, le visible abonde

et scintille dans tous les

sens.

 

François Jacqmin

Publié dans Poésie du monde

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