Gardons le pas Gagné

Publié le par la freniere

C'est maintenant public, je suis candidat.
Mais je suis dubitatif sur le point qu'il faille être le meilleur pour gagner. Cela semble être une toute autre histoire. Celle des comparatifs, des moyennes, des performances, des critères d'excellence. Je ne veux pas devenir le meilleur des pires.
Dans l'état de la situation, c'est juste un contexte d'être responsable et d'aimer le partage.
Pas question pour moi d'être le candidat du racolage, du serre-les-mains forcées, du sourire opportuniste.

Ce travail je le vois comme un défi avec son lot de surprises, de merveilleux, de banal.
Pour y parvenir mentionnons quelques principes d'action pouvant guider notre action : prévalence de la liberté pour tous et toutes, indépendance par la laïcité, affirmation du français, nécessité d'une éducation gratuite, urgence culturelle, affirmation de nos origines, force du partage, nécessité de l'autonomie alimentaire, nationalisation des ressources, écologie responsable, syndicalisation active, ouverture aux nouvelles énergies et présence citoyenne tout le temps.
Avec ces balises en mémoire, nous seront en mesure d'aviser et d'éclairer quand il faudra traverser le pont.

J'emprunte au poète Jean-Marc La Frenière quelques phrases, quelques pensées pour circonscrire poétiquement un peu ce que je suis :
" Je suis de grains de sable enrayant la machine. Je suis des lacs et des rivières… Je suis du drapeau blanc qui sert de pansement, du drapeau noir qui saigne, de la colombe en cage qui ronge les barreaux…
Je ne suis pas des lois dont on fait des barreaux, des dollars dont on meurt, des éoliennes géantes qui remplacent les arbres, des usines à prières qui massacrent les hommes… Je suis de l'absolu comme on naît de la mer. "(1)
"Je suis avec les pauvres, les créateurs, les fous. Je suis de toutes les vies, de toutes les misères, de toutes les étreintes. "(2)

En brandissant quelques-unes de ces balises nous, moi, les citoyens-nes qui m'appuieront et les autres qui méritent le respect, affronterons l'une des tâche les plus importantes soit celle de se démarquer du rang des médiocres qui ont accepté de nous réduire à des clauses où ils nous ont vendus ainsi que le territoire pour des peanuts pour quelques-uns, sans la moindre consultation des populations locales concernées. Il faudra identifier l'ampleur des droits cédés, des obligations imposées, sans justes compensations et sans notre volonté, pour connaître l'état des lieux et agir dignement dans le futur immédiat.


Un maire et une volonté citoyenne clairement positionnés pourront tenir tête à ces corsaires des temps modernes et leurs partenaires. Un travail nécessaire, agrandir les sangles du carcan qu'ils nous ont tricoté sans notre accord et auquel notre dignité demande de ruer dans les brancards pour se libérer. Entre autres mailles : un RCI (270) de complaisance pour baliser l'implantation industrielle et nier la réalité citoyenne, aliénation de nos possibilités de corriger par une réglementation tenant compte de la volonté et des intérêts citoyens, absence de représentativité citoyenne démocratique, aliénation de nos intérêts dans une MRC assujetti au promoteur, marquage inaliénable du territoire et du paysage, réalité d'un pactéole nettement insuffisant pour compenser les pertes, banalisation du jeu des conflits d'intérêts eu égard aux conséquences pour l'ensemble de la population, déshabillage de Jacques pour enrichir Joseph-Henri, négation de l'état d'impacté conséquente à l'invasion industrielle, illusions d'un pactéole sans avantage pour les citoyens.

Quand je monte la côte j'ai mal à ma dignité de voir toutes ces usines à ciel ouvert dont chaque révolution de pale nous enfonce dans le déficit honteux de la dépense inutile et dans les méandres de la division sociale. Quand je passe sur la rue Principale je vois un grand vide, là où aurait pu exister un lieu capable de solidariser, occuper la communauté et valoriser le trésor intergénérationnel. Je vois aussi le futur centre municipal et financier imposé (pour faire big) sans aucune véritable consultation, sans véritable besoin ni urgence. Un peu plus loin j'essaie d'imaginer les nouvelles pissotières pour le cache-lac.

Nous ne nous coucherons pas et n'abandonnerons pas le territoire et les droits qui sont nôtres.
Affronter l'affairisme et le productivisme indigne et opportuniste est un droit et même un devoir.
Dimanche le 3 novembre 2013, gardons le pas Gagné, Cela ne pourra pas toujours et jamais ne pas arriver.



1- Extraits Avec des bouts de ficelle, La Matière du monde, VLB
2- Extraits Avec un brin de paille, J'écris avec la terre, Chemin de plume

"Dans le paysage saigné à blanc,
Je donne à toute éventualité,
l'ordre de monter à l'assaut
"

Pierre Perrault, Gélivures



Serge Gagné,

St-Fer le 14 octobre 2013

 

1381274_658524104180019_622541255_n.jpg

Publié dans Glanures

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article