Gregory Corso

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Gregory Nunzio Corso est né à New-York le 26 mars 1930. Sa mère, âgée de seulement 16 ans lorsqu'elle enfanta Gregory, abandonna sa famille et son fils un an après sa naissance pour retourner vivre en Italie. Corso va donc passer la majeure partie de son enfance entre orphelinats et maisons d'accueil. Son père se remaria alors que Gregory était âgé de 11 ans, et il obtint la garde de son fils, mais le jeune garçon fugua à plusieurs reprises. Il fut alors placé en pension, mais il s'en échappa aussi. Durant son adolescence agitée, il va passer quelques mois dans une prison NYorkaise (The Tombs) à cause d'une affaire de vol de radio. Après avoir purgé cette peine il fut placé en observation à l'hôpital Bellevue pendant trois mois. A l'âge de 17 ans, il est reconnu coupable de vol et condamné à une peine de trois ans de prison. Pendant son incarcération à la "Clinton State Prison", il lit énormément et commence à écrire de la poésie. Après sa sortie en 1950, il rencontre Allen Ginsberg, grace à qui il fera la connaissance de Jack Kerouac et William Burroughs, ainsi que d'autres artistes et écrivains NYorkais : la future Beat Generation... En 1952 il travailla pour le "Los Angeles Examiner", puis servit dans la marine marchande. En 1954 il travailla à l'Université d'Harvard, où les étudiants contribuèrent à la publication de son premier recueil de poèmes "The Vestal Lady on Brattle and other poems". Deux ans plus tard, il se rendit à San Francisco où Lawrence Ferlinghetti (City Light Books) publiait son recueil de poèmes "Gasoline". Il devint célèbre et en 1957 il rejoint Kerouac et Ginsberg pour une série de lectures et d'interviews. En 1958 paraît son poème le plus célèbre, "Bomb", texte en forme de champignon nucléaire. A partir de cette époque, il va beaucoup voyager, notamment au Mexique et en Europe de l'Est. Ses principales publications après "Gasoline" furent "The Happy Birthday of Death" (1960), "The American Express" (1961), "Long Live Man" (1962), "Elegiac Feelings American" (1970), "Herald of The Autochthonic Spirit" (1981), "Mindfield" (1989). Il décède des suites d'un cancer de la prostate, chez sa fille Sheri Langerman à Minneapolis, le 17 janvier 2001, à l'âge de 70 ans.

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Bibliographie

 

En Français 

Sentiments Elegiaques Américains
Christian Bourgeois, 1995

 

En Anglais 

The Vestal Lady on Brattle and other poems
Richard Brukenfeld, 1955

Gasoline
City Light Books, 1958

A Pulp Magazine for the Dead Generation : poems with Henk Marsman
Dead Language, 1959

The Happy Birthday of Death
New Directions, 1960

Minutes to Go
With Sinclair Beiles, William Burroughs and Brion Gysin
Two Cities, 1960

The American Express
Olympia, 1961

The Minicab War : The Gotla War-Interview with Minicab Driver and Cabbie
Matrix Press, 1961

Long Live Man
New Directions, 1962

Selected poems
Eyre & Spottiswoode, 1962

The Mutation of The Spirit
Death Press, 1964

The Geometric Poem
Cosmopresse, 1966

10 Times a Poem
Poets Press, 1967

Elegiac Feelings American
New Directions, 1970

Ankh
Phoenix Book Shop, 1971

Gregory Corso
Phoenix Book Shop, 1971

The Night Last Night Was at Its Lightest
Phoenix Book Shop, 1972

Earth Egg
Unmuzzled Ox, 1974

Way Out : A Poem in Discord
Bardo Matrix, 1974

Herald of The Autochthonic Spirit
New Directions, 1981

Mindfield
Thunder's Mouth Press, 1989

 

MEXICAN IMPRESSIONS 

1
Through a moving window
I see a glimpse of burros
a Pepsi Cola stand,
an od Indian sitting
smiling toothless by a hut.

2

Stopping at Guaymas,
a brand new Ford pick-up
filled with melancholy laborers ;
in the driver's seat, a young child
-- doomed by his sombrero.

3

Windmill, silverwooded, slatless, motionless in Mexico --
Birdlike incongruous windmill, like a broken crane,
One-legged, stiff, arbitrary, with wide watchfulleye,
How did you happen here ? -- All alone, alien, helpless,
Here where there is no wind ?
Living gaunt structure resigned, are you pleased
with this dry windless monkage ?
Softer, the cactus outlives you.

4

I tell you, Mexico --
I think miles and miles of dead full-bodied horses --
Thoroughbreds and work horses, flat on their sides
Stiffened with straight legs and lipless mouths.
It is the stiff leg, Mexico, the jutted tooth,
That wrecks my equestrian dreams of nightmare.

5
In the Mexican Zoo
they have ordinary
American cows.

 

IMPRESSIONS MEXICAINES 

1
Par une fenêtre mouvante
J'entrevois des burros
un kiosque de Pepsi-Cola,
un vieil Indien assis
édenté et souriant près d'une hutte.

2
Arrêt à Guaymas,
une camionnette Ford toute neuve
remplie de travailleurs mélancoliques ;
à la place du chauffeur, un jeune enfant
-- maudit par son sombrero.

3
Moulin à vent, bois argenté, sans ardoise, immobile au Mexique --
Moulin comme un oiseau incongru, comme une grue cassée,
Unijambiste, raide, arbitraire, un oeil large et attentif,
Que fais-tu ici ? -- Tout seul, étranger, paumé,
Ici où il n'y a pas de vent ?
Structure vivante décharnée et résignée, es-tu satisfaite
de cette station monastique sèche et sans vent ?
Plus doux, le cactus vit plus vieux que toi.

4
Je te le dis, Mexique --
Je pense des miles et des miles de corps entiers de chevaux morts --
Pur-sang et percherons, couchés sur le flanc
Raidis les jambes droites et les bouches sans lèvres.
C'est la jambe raide, Mexique, la dent saillante,
Qui désarçonnent mes rêves équestres de cauchemar.

5
Dans le Zoo Mexicain
ils ont d'ordinaires
vaches américaines.

 

THOUGHT 

Death is but is not lasting.
To pass a dead bird,
The notice of it is,
Yet walking on
Is gone.
The thought remains
And thought is all I know of death.

 

PENSEE 

La mort est, mais ne dure pas.
Passer près d'un oiseau mort,
En être conscient,
L'ayant dépassé,
Ne plus l'être.
La pensée demeure
Et la pensée est tout ce que je sais de la mort.

 

ELEGIAC FEELINGS AMERICAN (Part 4) 

In Hell angels sing too
And they sang to behold anew
Those who followed the first Christ-bearer
left hell and beheld a world new
yet with guns and Bibles came they
and soon their new settlement became old
and once again hell held quay
The Arc-Angel Raphael was I to you
And I put the Cross of the Lord of Angels
upon you... there
on the eve of a new world to explore
And you were flashed upon the old and darkling day
a Beat Christ-boy... bearing the gentle roundness of things
insisting the soul was round not square
And soon... behind thee
there came a-following
the children of flowers

 

SENTIMENTS ELEGIAQUES AMERICAINS (Partie 4) 

En enfer les anges chantent aussi
Et ils chantaient pour voir de nouveau
Ceux qui suivirent le premier porteur du Christ
quittèrent l'enfer et virent un monde nouveau
mais ils sont arrivés avec fusils et bibles
et sous peu leur nouvelle colonie vieillit
et de nouveau l'enfer régna
Je fus ton Archange Gabriel
Et je posai la Croix du Seigneur des Anges
sur toi... là
la veille d'un nouveau monde à explorer
Et tu fus projeté sur le vieux jour s'assombrissant
un garçon-Christ-beat... porteur de la douce rondeur des choses
soutenant que l'âme était ronde et non carrée
Et bientôt... derrière toi
commencèrent à suivre
les enfants des fleurs

 

Gregory Corso

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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