Ils ont dit

Publié le par la freniere

À de rares exceptions près, les poètes sont publiés dans de petites maisons d’édition. J’y vois comme une invitation à se sentir petit, humble, à l’écart de la vanité littéraire et de ses gloires si souvent éphémères, ou comme un appel à cultiver une grandeur du langage, loin des slogans, de la barbarie, de la violence. Les relations entre le poète et ces petites maisons d’édition, loin des enjeux mercan­tiles, doivent à mes yeux se fonder sur l’amitié, le respect et l’exigence. Même si on touche un lecto­rat limité, il faut que le travail soit bien fait, le plus parfait possible. Lors du Marché de la poésie, en 2012, place Saint Sulpice, les responsables des Éditions Jacques André, qui venaient de faire pa­raître mon recueil Feuillages et qui ne publient pas uniquement de la poésie, me confiaient que leurs relations avec les poètes étaient plus cordiales, chaleureuses, simples, directes, qu’avec les autres au­teurs. J’admire dans le travail des éditeurs de poésie le fait, qu’à l’encontre des lois économiques do­minantes, ils ne fondent pas leur activité sur la recherche de profit mais sur la défense d’une certaine image de la culture et de l’auteur.

 

Bernard Grasset

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