Ils ont dit

Publié le par la freniere

Au fond, je pars avec ma besace à la manière d'un vagabond, d'un colporteur et je ramasse tout ce que l'on jette, transformant ces rebuts en trésors. Un rien fait lever l'immense en moi. Un rien. La beauté d'un visage. Une fleur sur le bord d'un chemin, une silhouette, la nuit derrière un rideau. Un veilleur, quelque part dans le monde, inconnu. L'attente, la sourde, l'amère attente. Celle qui abolit la frontière entre la vie et la non-vie. Celle qui vous crève les poumons, vous arrache les yeux. L'attente : cette diablesse, cette sorcière, cette douce compagne.

 

Joel Vernet

Publié dans Ils ont dit

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