Je me remplis de toi

Publié le par la freniere

J’accueille le vide pour le remplir de toi. Je veux que tu respires à côté de moi, que ça sente bon la vie, que tu parfumes l’encre de mes mots. Je te veux, mon amour. Je sens vibrer mon corps à prononcer ton nom. Je t’attends par les yeux, pas ici, pas ailleurs, partout. Je te prends avec les bras du vent. Quand le soleil t’embrasse, il imite mes lèvres. Tu me trouveras toujours là. Où que je sois, quoique je fasse, tu m’accompagnes toujours. Tu as beau être loin, je te vois de si près. Je t’écoute à l’intérieur de moi. Tu m’apprends ce que je ne sais pas être, à donner de l’amour, à devenir meilleur.

 

Peut-être que ta main fait partie de la mienne pour qu’on refasse le monde. Une seule peau suffit pour habiller nos corps. Je commence avec toi. Lorsque tu dors en forme de caresse, je voudrais y entrer, t’apporter ma chaleur. J’ai installé mon bras où ta tête s’appuie. Tu m’encourages à vivre. Tu as les yeux comme deux visages qui sourient, deux bras en forme de frissons, les deux mains pleines d’amour.

 

Né sans pays, ton corps est mon seul continent. Je m’aventure sur ta peau. Je te parcours tout entière. J’explore la tendresse. Tu entres dans mes rêves, mes mots, mes gestes. La nuit est notre maison. Partout, c’est notre maison. Nos portes communiquent. Je sors quand tu sors. Je rentre quand tu rentres. J’aime le sol où tu marches, l’air que tu respires, les choses que tu touches. J’aime tout ce que tu aimes.

 

Je te chante à l’oreille ce que dit le muet. Je t’envoie des mots pour que tu n’ais pas froid, des mots de petite laine, des caresses de lin, des baisers de coton. Je t’habille d’amour. Nous sommes en chacun. Nous marchons bouche à bouche. Tous les nuages ont ton visage, toutes les fleurs ton odeur. Tous les oiseaux chantent pour toi. Tu m’as laissé au cœur des taches de baiser, des traces de caresse, de grandes marges d’amour.

 

Nos regards bout à bout prolongent l’horizon. Penser à la mer, à la pluie qui cicatrise tout, penser à la terre, aux pommes du verger, penser à rien, penser à tout, penser à quoi que ce soit, c’est toujours penser à toi. Ta main remonte vers la mienne dans le sillage de nos corps. Elle accoste au quai de ma poitrine. Elle remonte sur ma peau comme un ruisseau d’eau pure. Elle soulève ma tête et caresse mon cou. Elle monte avec moi sur une échelle de frissons.

 

Je t’apporte mes mains, mes nœuds d’érable à sucre, mes petits poussins d’encre, mes arcs-en-ciel de mots. La lumière de tes yeux est plus grande que le jour. Pour éclairer mes nuits, j’esquisse de la main les courbes de ton corps. Je suis nu en toi comme tu es nue en moi. Nous sommes nus et nous sous la patine du temps. Nous nous aimons. J’aime ta pluie et ton soleil, tes orages et ta paix dans l’arc-en-ciel des sentiments. Le goût des mots transcende la distance. L’odeur des yeux traverse l’invisible. Tes caresse de papier touchent la peau du cœur et me donnent le frisson.

 

Je t’écris avec ma main gauche, celle qui caresse le mieux. L’amour donne au corps le prestige des mots. Dans la débâcle des syllabes, si je garde un seul verbe, ce sera celui-ci : t’aimer de près, t’aimer de loin, t’aimer comme je respire, t’aimer comme je le dis. Pouvoir te lire avec mon corps entier, j’ajouterais des caresses permanentes. J’ai soif. J’ai faim. Donne-moi ta chair, mon amour. Nous délierons ensemble les cordes de l’espace. Nous monterons plus haut dans la maison de l’air. Notre amour sans amarres se moquera des quais.

 

Quand je te prends tout contre moi, j’ai les deux mains pleines de lumière. Ton dernier appel a traversé mes ombres et décollé ma chair des échardes. Ton grand vent de fraîcheur ouvre ma solitude sur la beauté latente. Sur chacun de mes doigts, j’écris les lettres deje t’aime suivies de celles de ton prénom. Je te caresse avec la peau des mots. Je t’incruste dans ma main. Ton visage est celui de l’amour. Quand je ferme les yeux, je les ouvre sur toi.

 

Hautes sont les maisons, les arbres, les montagnes, mais notre amour nous mène beaucoup plus haut. Je t’ai aimée sans savoir pourquoi ni d’où. Ta voix dans le lointain me touche de plus près que le cri des huards. Tes baisers se propagent par le son. Quand tu arrives au centre de moi-même, tes caresses tranchent les nœuds qui me retiennent. J’ai découvert en toi mes racines profondes. Je déchire la nuit pour trouver ta lumière.

 

Ton nom me désaltère. Je le déguste comme un poème. Ton prénom m’emporte sur la mer. Depuis que tu es là, le monde vit de notre amour. Lorsque tu dors, ton image rêvée me réveille. Que tu sois loin ou prêt, ta pensée m’accompagne. C’est aujourd’hui que je t’aime. C’est hier et demain. Me voici devant toi soulevant la lumière qui nous mène plus haut.

Publié dans Prose

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