Je vous laisse le fric

Publié le par la freniere

Je vous laisse le fric.
Je reprends mes cailloux,
mes poèmes, mes doutes
en guise de monnaie.
Je remets la tristesse
dans le fourreau des larmes.

Je vous laisse la gloire.
Je reprends la route,
mes semelles de vent,
le rêve des insectes
qui jappent sous les pierres.
Les étoiles qui manquent
au ciel des affiches
sont dans les yeux des hommes.

Je vous laisse l’ardoise.
Je reprends mes billes,
mes balles à blanc,
mes couilles, ma révolte
mes pas à la marelle,
mes gros mots de ruelle.
Je serai de nouveau
ce jardinier d’oiseaux
qui console en chantant
les fleurs orphelines.

Je vous laisse l’horaire.
Je reprends mes nuits blanches
et fais du sablier
Une plage imprévue
pour recevoir la mer,
ses vagues et ses épaves.

Je vous laisse le décor.
Je reviens à la vie
maudire non médire.
Sur la page du temps
les mots restent muets
Si nous restons les mêmes.

Je vous laisse le béton,

le bâton, la bêtise.
J’écoute le coeur de l’arbre
dans les veines du bois
et la sève monter
jusqu’au regard du fruit.

Je vous laisse la soie,
le drapeau, la dentelle.
dans ma bouche en haillons
les mots sont des couteaux,
non pour assassiner
mais pour trancher le pain.

Publié dans Poésie

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