L'urgence de ne rien faire

Publié le par la freniere

 

Messieurs les politiques, devrais-je encore voter, hurler des Marseillaises pétrifiées, alors que la honte me ronge ?

La honte me ronge car rien n’a changé depuis l’abandon des républicains espagnols, depuis la trahison des soldats juifs étrangers offerts aux nazis, depuis le massacre consenti des harkis ; oui, rien ne change. Dans l’Europe des rats, Marine fait son cirque, Mamie règle ses comptes et la tv passe ses pubs. Circulez y’a rien à voir.

 

En Libye, à coup de canons, de chars, et de massacres aériens, un dictateur taille la liberté dans le sang d’un peuple.

Et vous, Messieurs les Chefs d’États, comme toujours vous arpentez le devoir d’attente.

 

En Côte d’Ivoire un autre dictateur organise ses chasses à l’homme.

Et toujours, chers politiques, de ronds de jambes en discours creux, vous perpétuez vos stratégies de l’immobilisme. Votre perpétuelle urgence, c’est l’attente, l’attente que ça passe.

 

Un pays bascule dans l’horreur absolue : tremblement de terre – tsunami - catastrophe nucléaire… des millions d’hommes sont prisonniers d’une zone à risques et toujours cette infâme comptabilité, cette même mesure du justifiant, cette même équation : ce qui ne me touche pas peut attendre.

Trop longtemps, Messieurs les dirigeants, que dans le monde, les ONG sous-traitent votre indifférence.

 

Qui empêchera les peuples de se faire assassiner ?

Qui fera un pont aérien pour sauver une population d’un possible holocauste nucléaire ?

 

Messieurs les gérants de belles idées, vous qui chantez la fraternité et qui, les bras croisés, laissez la mort courir, ne donnez plus de leçons aux marchands de morts.

Rentrez vos discours  comme je rentre mes larmes comme explose ma honte.

Une civilisation qui économise ses moyens quand il faut sauver des peuples, n’est pas plus une démocratie, qu’une république, c’est une puissance d’opérette, un caroussel pour  pantins.

Messieurs les idéologues, la liberté et la dignité valent le prix du sang.

Messieurs les Présidents, qui peut encore croire à l’avenir, quand vous bradez nos utopies.

Rien n’a changé. Les couards gémissent devant la télévision en bouffant leur pâtée audiovisuelle quotidienne.

Rien ne change et nous sommes encore complices.

Je ne dis pas merci.

 

Jean-Michel Sananès

Publié dans Jean-Michel Sananès

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