La langue est mon pays

Publié le par la freniere

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Lorsque je n’écris pas, j’ai comme un creux dans l’estomac, une oreille qui ne veut rien entendre, un œil qui ferme sa fenêtre. Les phrases se transforment en routes, en ruisseaux, en montagnes. Je touche le bout du monde sur le bout d’un crayon. Je marche dans les fossés comme une roche au front de bœuf. J’ai laissé l’autoroute pour les chemins de gravelle, les supermarchés pour les rivières à truites, les chenilles à crampons pour les chenilles à poil, les parcomètres pour les parcs à chevreuils. Je syntonise la rosée aux petites heures du matin. J’écoute l’infini faire ses gammes dans l’eau, la tourterelle triste faire des ronds dans l’air, les nuages repeindre l’arc-en-ciel. Il faut soigner les arbres comme on touche au violon, mettre les fleurs en pot à l’abri des marchands, garder des moutons pour la nuit, du rêve pour le jour, du miel pour le cœur, des mots d’amour pour chacun.

Publié dans Glanures

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jack 30/10/2010 06:39



Bravo! Habitant du rang de mon pays.