La poésie comme chant profond

Publié le par la freniere

 

"Comme les dieux ne répondaient pas, on a inventé les oracles. Ceux-ci ont été à la fois les premiers prêtres et les premiers poètes.

Dans la voix des poètes, il doit y avoir quelque chose de la voix des dieux."       Christian Erwin Andersen

 

 

Le pire de la poésie contemporaine? - La prolixité, c'est à dire une certaine manière de s'accaparer un espace mental déjà trop encombré. Mettre des mots quand ils n'ont plus  rien d'autre à signifier  que la  froideur cadavérique, une certaine originalité esthétique, une pensée dévitalisée. En somme, des mots égocentriques au service d'une promotion sociale, par exemple. Cela ne fera jamais poésie, n'en déplaise aux professionnels patentés de l'écriture.

Toute forme institutionnelle, en art ou en littérature, qu'elle qu'elle soit, tue la poésie en occultant l'éclat du feu oraculaire tout en s'appropriant une tradition qu'elle dénature à son profit. Un des  multiples pouvoirs libérateurs de la poésie,  n'est-il pas justement de briser les tabous qu'entretiennent les hiérarchies des élites s'autoproclamant au dépend des urgences immédiates dont pourtant elles se réclament?  De résister à l'hécatombe prolifique d'une modernité éprise de vitesse et de performances?

Je ne vise pas seulement les bourdonnants essaims poétiques d'Internet. L'attitude de certains poètes qui se font passer pour des oiseaux rares, pépiant et chiant comme des étourneaux au-dessus de la place publique, me donne parfois des nausées. Ces énergumènes vaniteux brassent du vent et font beaucoup de bruit pour pas grand chose. Ils hoquètent, verbalisent à tours de bras, disloquent vainement la langue croyant faire preuve de sagacité. Toutefois, des recoins de la Toile, des voix confondantes quelquefois parviennent  à ceux qui s'aventurent hors des chemins battus de la sacro-sainte sociabilité.  Je n'en veut pour preuve que certaines de mes  rencontres inespérés avec quelques parias qui se tiennent discrètement à l'écart du tintamarre et des flagorneries mondaines. Quelques uns d'entre eux sont devenus mes amis envers et contre tout.

 

(…)

 

André Chenet

 

lire la suite sur dangerpoesie


Publié dans Glanures

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article