Le bleu de la nuit crie au secours

Publié le par la freniere

abîme je me ferai aile
pour distancer la douleur
à travers un nouveau ciel
habité par les voyelles
et les soleils rameurs

nuit je m'éveillerai aurore
jacassant sur la pierre
Dans mon sang de feu vert
on entendra peu à peu se taire
les voix herbeuses des morts

silence je me ferai parole
essentielle comme l'outil
j'aurai des amours de rossignol
et des gloires d'épi
fanfares entre les épaules

je n'irai plus à l'ordure
à l'eau pourrie, à la souche éteinte
j'habiterai la rosée qui tinte
l'enfant sur le chemin de l'école
j'aurai plein les poches la monnaie d'azur

compagnon des vieilles planètes
j'aurai aussi du temps
puisque les mots promettent
l'or et la durée, l'île et la fête
A celui qui naquit fragment

Puisque les mots promettent
de leurs grands yeux innocents
Puisqu'ils disent aimer le poète
Roi nu démuni souffrant
Éternel forçat de la quête

Puisque les mots promettent...
Ou font semblant
murmure une voix secrète
Entre deux rires brefs
derrière les rideaux du vent.

 

André Laude 

Publié dans André Laude

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article