Le coeur aux joues

Publié le par la freniere

Tu mets le cœur aux joues, le cœur en feu, le cœur en joue, le cœur à nu. Tes chants d’oiseaux pépient sur mes paupières. Tes mains volent sur ma peau. Quand il pleut, ta beauté rafraîchit les nuages. Ta bonté colorie les images. J’aime tes gestes un par un ou partout à la fois. Je les déguste plus longtemps. J’ai les mains trop petites pour bien te caresser. Je voudrais des mots qui soient tes mains, tes yeux, tes caresses, des phrases qui soient ta peau, des paragraphes entiers qui soient nous. Tu multiplies l’instant en milliers de caresses. J’aime y noyer ma peau, y mordre dans la vie. Les étoiles dans tes yeux traversent mon rêve et m’apprennent à regarder plus loin. Tes cheveux coulent sous mes doigts. Mon silence prend ta parole et le ciel nos mains. Ta lèvre s’imprime sur la mienne en lettres capitales.

        

Ma bouche est pleine de toi. Chaque soir, je t’écris un poème. Il y a de l’eau dedans, des ruisseaux, des oiseaux aux ailes de caresse, des vagues de tendresse. Je flotte. Je vole. Je ne touche plus à terre tellement je t’aime. Je te couche dans moi comme une phrase éblouie. Mes mains ont pris la forme de ton corps. Je marche derrière tes mots comme un lecteur avide. C’est en marche vers toi que je trouve ma route. Nos peaux se font l’amour. Nos mots se font poème. Viens habiter l’hôtel de mes paumes. Ton visage est ma seule présence. Je touche ta lumière et mon ombre s’efface.

        

Je te rejoins dans l’écrire. Je touche ton épaule pour toucher la pureté. Je t’embrasse pour goûter la vie. Je t’enlace pour être ce que tu veux. Je sens la vie à travers toi. De tout ce que je sais, une seule chose m’importe, c’est que je t’aime. Quand notre amour fait semblant de ne pas être là, il revient plus fort entre nous. Il sait prendre son dû pour se réconforter.

        

Je dénude la nuit les jambes de ton âme. La lune s’y reflète en éclats de tendresse. Nous nous embrassons dans l’air. Nous enlaçons la terre comme deux sources confondues. Tous les côtés de la vie se réunissent en nous. N’arrête surtout pas de respirer pour moi. Je prends mon souffle dans le tien. Je bats du cœur avec le tien. Je nous vois dans vingt ans. Je te vois dans cent ans, la même beauté farouche éclairant l’horizon.

        

J’ai les yeux de mon père quand il pleure ma mère. J’ai les mêmes yeux pour toi quand il pleut sur l’amour. Ça m’effraie un peu d’être loin de toi lorsque tu es malade. Elle fait mal ma vie quand tu as mal partout. Elle fait du bien partout quand le soleil revient. Je ne te quitte plus, le temps de traverser le temps, de sortir du troupeau tout en longeant l’abîme, le temps d’une falaise impossible à gravir sans ton poids sur le dos, le temps vidant le sable des chaussures, l’espace d’une route qui ne mène qu’à toi, le temps complet d’une vie et ce qui la poursuit. Tes vagues me soulèvent dans un grand bruit de rêves. La terre où je t’ai rencontrée est devenue fertile. La soif est devenue fontaine. Ta faim est devenue mon pain, celui que je boulange pour nourrir nos vies. Je ne sais pas où nous allons, mais nous irons ensemble, mon amour.

        

Nos bouches grandes ouvertes l’une sur l’autre n’en ont jamais assez. Nous nous enfoncerons si loin l’un dans l’autre jusqu’à nous égarer pour mieux nous retrouver. Tu as rempli d’amour les heures les plus creuses. Le temps peut traverser à gué le meilleur et le pire. L’éloignement, l’absence, ces heures sans raison, ces jours sans mémoire, ces nuits sans toi, tout ce qui nous sépare, s’amenuise au moindre de tes mots. Je m’en remets à nous pour savoir qui je suis. Ton cœur est une boussole aimantée par l’amour. Chaque détail de la vie est une façon d’aimer.

 

Où que tu sois, je suis. Où que tu ailles, je viens. Tu es la meilleure part de moi-même. Devant tant de beauté, je ne peux que remercier la vie. Ma main dans ta main devient une autre main, celle aux doigts en caresses, aux phalanges de douceur. Nous sommes reliés par les yeux, les lèvres, le sourire, emberlificotés l’un dans l’autre. Quand tu bouges, je bouge avec toi. Nous dormons en cuillère pour mieux manger le rêve. Le matin, il reste des pépins coincés entre nos corps.

 

Dans la roche de vivre, nous nous creusons sans fin l’un vers l’autre. J’ai reconnu ta main dans l’océan des mains, ta voix dans l’inconnu, ta présence dans le tout. La vie est bien trop courte pour te lire tout entière. Ta peau s’étire vers le ciel. Ton œil est plus grand que la mer. Je te rejoins au-delà de moi-même. C’est dans tes yeux que je vois le ciel, dans tes bras que je découvre l’infini. Tes seins arrondissent la terre. Tu as des mains pour le jardin, des yeux pour le ciel, des gestes pour l’amour. Je suis puisque tu es. Nous sommes puisque nous nous aimons. Le monde existe pour de vrai.

 

J’ai dix mille mains pour les caresses, des épaules larges pour ta tête, tant de jambes pour te rejoindre mais je n’ai pas assez de mots pour te dire je t’aime. L’espace qui nous sépare prolonge notre amour. Il est chargé de toi. Je n’entends pas ta voix, je la touche. Je te regarde à travers mes oreilles. Je t’entends même avec les yeux. Je n’ai plus peur des labyrinthes, des murs, des donjons. Tu es la clef de chaque porte. Tu donnes à ma parole la chance d’être dite.

 

Je regarde tes yeux qui savent si bien dire je t’aime. Je touche tes mains faites pour la caresse. Je me mêle à ton âme pour agrandir la mienne. Ton sourire est toujours un endroit où aller. Je m’y sens si bien. Je me sens plus présent quand je suis avec toi, plus tendre, plus aimant. Ton regard est toujours le plus juste, ta parole la plus vraie, tes gestes les plus beaux. Tu n’es pas quelqu’un de bien, tu es mieux. Tu es simplement merveilleuse.

 

Pour aller jusqu’à toi, je ne raterai plus aucune marche du cœur. Je ne fais plus la différence entre toi et moi. Je sens ta peau autour de moi, ton odeur sur moi. Ta parole me remplit. Ce sont tes gestes qui me retiennent ensemble. Il faut chacun de nous pour nous garder entier. Serrer ton corps entre mes bras, c’est toucher à la pureté du monde. Ce que j’éprouve pour toi sans cesse s’élargit. Tu fais de moi une rivière qui a trouvé son cours. Je ne me cherche plus ailleurs qu’en nous-mêmes. Je crois au bonheur en regardant tes yeux. Tu me donnes bien plus que ce que j’attendais. Tu m’élèves plus haut que je ne peux atteindre.

Publié dans Prose

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