Le financement en pleine campagne du Bas Saint-Laurent

Publié le par la freniere

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SAMEDI LE 10 JANVIER 2015,4 H 48

OBJECTIF DE LA CAMPAGNE DE FINANCEMENT: 150 000 $

OBJECTIF ATTEINT HIER SOIR À 23 H 30: 120 254.99 $

Ce matin, vous dire dans le très simplement jusqu'à quel point je suis fier de mon pays natal: si nous avons atteint hier soir le cap des 120 000 $, c'est pour une bonne part grâce aux gens des Trois-Pistoles, de Saint-Paul-de-la-Croix, de Saint-Jean-de-Dieu, de Saint-Modeste, de Rivière-du-Loup, de Saint-Fabien, de Rimouski... bref de ce Bas-du-Fleuve que je porte en moi, dans chacune des cellules de mon corps, depuis ma naissance. Mon pays natal m'a tout donné de ce que je suis et, en devenant écrivain, j'ai voulu lui redonner une part de ce que je lui avais pris en grandissant grâce à lui.

Selon l'adage qui veut que nul n'est prophète dans son pays, je ne m'attendais pas, depuis le commencement de cette campagne de financement, à autant de générosité de sa part, et d'autant moins qu'il compte parmi l'une des régions les plus défavorisées du Québec. Pourtant, même les plus démunis parmi eux ont formé de petits groupes pour recueillir ces dollars qui nous ont permis hier soir de franchir le cap des 120 000 $. Vous avouerais-je que j'en ai pleuré de joie? Et les pleurs de joie ne sont-ils pas le symbole ultime de la reconnaissance?

J'avais 14 ans quand, avec ma famille, nous avons mouvé de Saint-Jean-de-Dieu à Morial-Mort. Là, je m'ennuyais tellement de mon pays natal que tous les étés, et dès l'âge de 15 ans, je prenais l'Océan Limité, ce train qui m'emmenait aux Trois-Pistoles. Je louais une chambre à l'Hôtel Victoria et savez-vous ce que je faisais tous les jours, par beau ou mauvais temps? Sur cette bicyclette vétuste de l'une de mes cousines, je partais par petit matin vers les hauteurs, me rendant même aux Lots Renversés - qu'on appelait ainsi parce qu'ils avaient été cadastrés à l'envers, le fronteau étant le trécarré et le trécarré le fronteau. Un arpenteur gaucher, certainement!

Ainsi je roulais toute la journée par chemins de traverse, ne m'arrêtant que le midi pour me sustenter du lunch que l'hôtelière du Victoria m'avait préparé. Au bord de la rivière Boisbouscache, dans le cimetière de Saint-Paul-de-la-Croix d'où on avait une vue superbe sur l'encolure du Saguenay, au milieu de la Petite Route qui faisait se rejoindre le Huitième Rang de mon grand-père Charles au rang Rallonge où nous habitions - j'y rendais visite à tous les habitants, parfois tôt le matin - et certains d'entre eux se montraient si accueillants qu'ils n'allaient traire leurs vaches qu'en fin de matinée! Je me souviens de la famille Fortin, trois frères qu'ils avaient d'abord été, mais l'un d'eux avait trouvé la mort au cours d'un orage alors qu'écoutant la radio, la foudre était tombé sur elle et l'avait frappé, le pauvre garçon,à mort. La mère était une très vieille femme, vivait et s'habillait à l'ancienne: ses robes, elle les faisait dans les sacs de moulée qu'on achetait - et les sacs de moulée en ce temps-là étaient fleuris: motifs de fleurs au tons très vifs.

Quant à l'aîné de la famille, il avait acheté une grosse voiture (j'en ai oublié la marque) et le curé du village ne manquait pas une occasion de l'admonester pour son achat parce que le "saint homme" trouvait que l'avant de cette voiture-là ressemblait à un... vagin de femme!

Et Gros Bebé Rioux, une armoire à glace, qu'on surbroquait le Retardé, parce qu'il n'avait pas le dessous de cabochon normalement neuronné. Tout ce qu'il aimait, c'était de se trouver dans l'eau. Il portait un costume de bain à l'ancienne, ça avait formance d'un caleçon, sauf par les bretelles et la longueur - ça lui laissait ses énormes genoux et ses mollets à la Louis Cyr à découvert. Que de fois, nous l'avons suivi jusqu'à ce remous où il se baignait! Il avait l'air d'une baleine échappée de la mer Océane (parce que comme les baleines, il siphonait le plus d'eau qu'il pouvait et quand ses joues se trouvaient gonflés comme celles des crapottes, il rejetait le plus haut qu'il pouvait au-dessus de lui cette eau-là, précisément comme les baleines le font par leurs évents. Pour nous, Gros Bebé Rioux était rien de moins qu'un grand artiste!

Je termine là pour ce matin... mais m'engage à continuer demain si mon racontement vous porte bon heur en commencement de journée.

Stimulé par cette reconnaissance par-devers moi de mon pays natal, je me remets de suite à courir la campagne... de financement. Comme disait cet entraîneur de baseball: "La partie n'est pas finie... tant qu'elle n'est pas finie!" Ce conseil vaut pour vous aussi: partagez, incitez les vôtres à nous rendre visite en cliquant sur 
éditionstrois-pistoles.com - sous forme de livres, vous y verrez Gros Bebé Rioux projeter au-dessus de lui, par l'énorme évent qu'est sa bouche, des livres abriés de soleil en lieu et place de gouttes d'eau!

Victor Lévy Beaulieu

 

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S
<br /> au cas où, cet autre point de vue, libre, mériterait selon vous d'être mentionné dans votre site.<br /> <br /> <br /> ni Charlie, ni pas charlie, ni Jean Marie, ni sémite, ni antisémite, alors quoi ?<br /> <br /> <br /> http://youtu.be/FHWdHV4wIYA<br /> <br /> <br /> marc seriancof, de troyes (france)<br />