Le manifeste du Pélican

Publié le par la freniere

Moi,

l'homme pélican

l'homme cosmique

 

Moi,

l'homme chat

l'homme maïs, l'homme grenouille

l'homme hibou

 

Je déclare que l'univers

la terre, ses fruits et ses ressources

sont la propriété inaliénable

de tous les peuples

de toutes les espèces

de tout

ce qui est du monde des vivants 

 

Je déclare que

l'univers, la terre

ses fruits et ses ressources

sont la propriété inaliénable

du vent que l'on empoisonne

de la mer qui pleure

des étoiles que l'on souille

du présent

et du futur

dans leur dimension intégrale

 

Moi,

l'homme ni ange ni bête

l'homme animal

l'homme conscient 

 

Je déclare

que la douleur n'est pas fatale

que le statu quo n'est pas final

 

Je déclare

qu'aucune puissance

aucun trust

aucun

groupuscule d'affairistes corrompus

aucun

accaparateur

n’a droit à exploiter

à son seul profit

les richesses communes

 

Je déclare

qu'aucun législateur

n'a légitimité

pour cautionner

gérer

organiser

la spoliation

des peuples de la vie

à parrainer

le démantèlement de notre patrie

la Terre

 

Moi,

l’homme serpent, l'homme cheval

l'homme machine

l'homme affamé

l'enfant esclave

 

J'affirme

que le pouvoir

de l'argent et des armes

la peur et la violence

ne légalisent

ni la corruption

ni la douleur des forêts

ni la dépossession des peuples

 

Qui, jouit et pollue

saigne le pétrole

arrache l'or et les diamants

commet un crime

quand les enfants ont faim

 

Moi,

l'homme grenouille

l'homme hibou

l'homme fleur

 

Je déclare

précieux

le bruissement du vent dans la bruyère

précieux

le roucoulement de la tourterelle

le chant de la cigale

…/…

Moi,

l'homme pélican

l'homme cosmique, l'homme chat

l'homme maïs, l'homme grenouille

l'homme fleur

 

Moi,

l'homme conscient

 

Je condamne

ceux qui opposent

la raison d'Etat

la raison d'argent

au droit de vivre

digne et debout

sur sa tige

sur ses jambes

 

Je condamne

ceux qui souillent

le pain des enfants

le ciel, les jardins

et les eaux claires

 

Moi,

l'homme oiseau

l'homme anguille

Je condamne

les tueurs d'océans, les marchands d'armes

les chevaliers Bayer et capitaines d'industries

qui tuent les abeilles

 ceux

qui éradiquent les moissons du futur

 

Je condamne

tous ces hommes dits "responsables"

à être responsables

de leurs prétentions

de leur orgueil

de leur démesure

de leur avidité

de leur aveuglement

 

Je déclare

et nomme assassins du futur

la fratrie des assoiffés du pouvoir

 

Je déclare coupables

de crime universel

ceux qui s'octroient

le droit de ternir

de meurtrir

le vent

la mer

la forêt

le ciel

 

 Qui tue la forêt

poignarde l'humanité

 

Je déclare coupables

ceux qui s'octroient

le droit d'accaparer l'univers

de prélever plus que nécessaire

 

Je déclare coupables

les tartuffes bien-pensants

qui, entre caviar et prière

parlent d'éco-terrorisme

et s'arrogent

le droit barbare

d'affirmer

que l'on n'arrête pas le progrès

 

Je déclare coupables

de crime universel

ceux qui s'octroient

le droit

d'affamer

d'asservir

de tuer

 

ceux qui s'approprient la pharmacie

et les semences

 

ceux qui, d'un œil suffisant

regardent mourir

la rivière

 

ceux qui, condescendants

regardent mourir

la marée des petites gens

mourir

les enfants affamés 

 

ceux qui, entre

leur yacht et le champagne

dans leur désastre éco-planétaire

égorgent

les habitants du futur

 

J'accuse

les spoliateurs de l'humanité

les destructeurs de la vie

 

Je déclare

que la douleur n'est pas fatale

 

Quand la mer se cabre

la tempête mange les capitaines 

le statuquo n'est pas final

 

Je déclare

que le statu quo n'est pas final

que la douleur n'est pas fatale.

 

Jean-Michel Sananès

 

 

Publié dans Jean-Michel Sananès

Commenter cet article

Eric stefanelli 08/09/2013 10:32


Mon cher Jean-Mi !


J'ai lu avec bonheur tes écrits, et me souviens avec joie des moments passés à faire ensemble de l'invention, de la confection de bijoux dans un petit atelier de Nissa La Bella, je retrouve avec
tes écrits , le souvenir de ton regard gai et à la foi un peu triste, comme tes poêmes que je partages ô combien !


Toute mon amitié sincère est avec toi , après ces années passées !!!


Eric.