Le pêcheur d'eau

Publié le par la freniere

Le cœur est si fragile et le temps va si vite,

ne vous retournez pas sur ce passant qui passe.

 

il a déjà rejoint l'autre côté du monde

et, le chapeau tombé, galope dans la plaine

 

sur ce grand cheval bleu qui chasse les nuages

comme autrefois le fringant troupeau de voyelles

 

vers l'enclos d'un poème sans serrure ni porte

sinon ces deux yeux clairs, sinon ces mains plus longues

 

qu'un jour sans cavalier sur le plateau d'un roi.

 

Ne vous retournez pas, Supervielle est devant

sur la route sans ombre, qui sourit et répète : 

 

Allons, mettez-vous là au milieu du poème,

le paradis est l'affaire de quelques mots

 

qui chantent, chantent encore quand morte est la chanson.

 

Guy Goffette

Publié dans Poésie du monde

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