Le portail gris-bleu

Publié le par la freniere

 

Souffle un vent gris sur les étangs
avec des feuilles mortes et des oiseaux perdus
Répétitions des jours    Je n'aurais peut-être
pas dû planter un bouleau tout près
de ma fenêtre    Une branche dorée
griffe le toit    Entre ses doigts l'automne
me regarde    Je voudrais revenir mais
on ne revient pas    Quelqu'un marche devant
Quelqu'un toujours au même pas
que l'horloge qui marche
marche et n'oublie pas    Compte chaque
grain de poussière     Chaque goutte de pluie
emportée par le vent     Chaque aiguille des sapins
qui tombe sur la mousse    Tombe
avec la légèreté apparente des ombres
Rien ne dit mais tout est là     Le monde
est bien trop grand      Je voudrais revenir mais
on ne revient pas    Le monde
est bien trop grand    Quelqu'un marche devant
et je n'atteindrai pas l’autre côté du monde
où l'on entend de nouveau les voix des
disparus    Répétition des jours
Répétition du silence qui marche devant

 

Jean-Pierre Farines

Publié dans Poésie du monde

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