Le silence frissonne

Publié le par la freniere

Ma voix se fait caresse quand ton corps m’écoute. Je sens ce que tes mains me disent. Ais-je besoin de parler lorsque tes bras m’entourent ? Le cœur bat plus vite. Les érables sont fous. Les oiseaux volent en chantant. Le vent pique tête-bêche dans l’émoi des brindilles. Le silence frissonne quand nos lèvres se touchent. Nous sommes côte à côte. Nos mains se touchent. Nous ouvrons les yeux pour recevoir plus de lumière. Nous les fermons pour voir plus loin. Nos lèvres se mélangent. Nous respirons ensemble dans la rumeur du temps. L’espace prend ta forme et s’agrandit sous les caresses. Nous sommes quelque part où sont nos corps. Nos bras se touchent. Notre parole prolonge nos épaules. Nous sommes à deux doigts du bonheur. Je le touche avec toi. Nous nous regardons dans la lumière des mots. Tes gestes bougent dans mon corps. Je t’apporte les miens. Nos épaules se touchent. Notre maison est invisible. On n’y voit que l’amour.

        

Nous nous rapprochons pour nous embrasser. Les traces de nos pas colorent l’horizon. Ma main n’est pas assez grande pour toi. Nous restons étendus côte à côte. Nous avons l’âge de la vie. À force de s’aimer, nous éclairons la pièce jusqu’à l’ombre des arbres. Je me perds au fond des choses. Je me retrouve dans ta voix. Nous sommes nés pour être l’un avec l’autre. Nos corps se touchent. Je sens ta vie contre ma peau. Nos mains sont chaudes. Le jour est nu. Même les heures se déshabillent. Nos doigts s’étreignent. Tout devient pur quand tu es là. Ton souffle brille dans la nuit. Je te regarde avec mes yeux de loup. Laisse-moi le temps d’arriver à ta peau. Laisse-moi l’espace où t’habiter. Les arbres bougent à ton passage. Toutes leurs feuilles frémissent. Les mêmes frissons m’agitent. Nos gestes se confondent au sentiment d’aimer.

        

Je te reconstitue à partir d’une odeur, d’un cheveu, d’une phrase. Tu habites ma tête tout autant que mon cœur. Je te respire à pleins poumons. Je t’espère à plein temps. Je vois ton corps à perte de vue, tout l’infini possible dans une seule caresse. Si je demande la parole, c’est pour te dire je t’aime. Si je défonce des portes, c’est pour te réclamer. Si tout doit se briser, déjà tu répares la suite. Tu prépares la route. Tu pares toute chose d’un infini possible. Dans l’obscurité la plus profonde, c’est ta lumière que je vois.

        

Nous sommes venus de loin pour nous rencontrer. Tout ce que touche ta main, j’en veux garder la trace. Notre amour est difficile, mais notre vie ne serait pas la nôtre sans cet amour. Ta vie éveille en moi le désir de vivre. Je grimpe vers toi par l’échelle du rêve. Tu es toujours plus belle, plus haute, plus pure. Je te rejoins grâce à l’amour. Je suis plus moi en toi qu’un flocon dans sa neige. Sur mon visage d’homme, seules tes mains font le jour et la nuit. Dans un tonnerre de milles baisers tu mets le feu partout en moi. Tu me réchauffes de ta vie. Tu m’agrandis jusqu’à l’aurore. Mon seul pays, c’est notre amour. J’apprends par toi ce que veux dire le mot femme.

        

Où que tu sois, tu fais briller en moi un soleil intérieur. Ne cesse pas d'être. Tu redonnes à la vie son essence perdue. Je suis un vase qui s’emplit de toi, un nuage qui te pleut, un homme qui te plait. Je ne suis vrai qu’en toi. Je traverse le monde pour te rejoindre, mon amour. Ton âme est comme un chat protégé de la boue. Toujours, un miracle se produit entre nous. Le soleil brille plus fort. La lune fait des bonds. Les fleurs sentent l’enfance. L’émerveillement nous porte, la gratitude aussi.

        

Dans l'invisible que j'habite, je te construis des meubles en mots, un grand lit de voyelles, une armoire à frissons avec des caresses en queue d’aronde, des planches comme des hanches, une table à dessin prolongeant l’horizon. Les fenêtres des yeux clignotent à chaque phrase. Où que je sois, j’y suis dans tes bras. Quoique je fasse, je le fais pour toi. Quoique je dise, c’est pour toi. Il n’y a pas de lieu où tu ne m’accompagnes. Il suffit d’un coup de vent, d’une seule goutte de pluie, pour que tu m’apparaisses. Les petits riens se transforment en tout. Quand une abeille me pique, je rêve que c’est toi qui vient me réveiller.

        

C’est toi que je vois quand je regarde les oiseaux. Je te respire dans les fleurs. Je te vis dans les mots. Tu m’es écrite sur la peau, tatouée sur le cœur. Quand le soleil me touche, est-ce ta main, dis-moi ? Quand je parle aux étoiles, c’est ta voix qui répond. Toutes les nuits, tu prends place dans mon lit. Je mets le dard de ma langue dans la fleur de ta bouche, mon âme dans la tienne. Quand je t’écris, je voudrais que chaque mot soit synonyme de toi.

Publié dans Prose

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