Les gros titres

Publié le par la freniere

Les gros-titres : "Le roi est mort, vive le roi!", "J'accuse", "Miracle de la science", "La guerre est déclarée", "Le gouvernement est tombé", "Le tueur avait du coeur", "un homme a marché sur la lune" ...

 

Il manque aujourd'hui aux journaux imprimés les mains noircies d'encre et de plomb, les gestes nocturnes des ouvriers typographes qui faisaient tourner les rotatives jusqu'au petit matin.

 

Il leur manque la verve et la gouaille des crieurs de journaux dans les gares enfumées ou devant l'entrée des grands magasins.

 

C'était une époque où les vitriers promenaient le ciel sur leur dos, où le rubis du vin poussait son chariot chargé de violettes dans les rues foisonnantes de Paris.

 

En ce temps-là rien ne se perdait. Les pages des feuilles de chou servaient à se torcher le cul ou à envelopper légumes viandes poissons ainsi que les vis les boulons et les clous qui se vendaient à la pesée.

 

Il n'était alors pas ridicule de se confectionner un couvre-chef avec une double page pour se protéger de la chaleur du soleil d'été.

 

Des bateaux de papier-journal naviguaient en tournoyant dans les caniveaux de ménilmuche et parfois un petit avion imprévu échappé d'une cours de récréation tournoyait gracieusement dans l'air du temps.

 

André Chenet

 

Publié dans Poésie du monde

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A
<br /> Ben merde, toi t'es rapide comme l'éclair ... J'avais presque tout juste mis en ligne cette "pensée", qu'elle est déjà sur ton site. Et juste avant, un hommage à ce cher Daoust, avec lequel je me<br /> suis fracassé la mâchoire à rire durant un festival de poésie à Buenos Aires en mai 2013. J'ai passé une fin de soirée à quatre patte dans un bar (chic puique le sol était recouvert de moquette)<br /> à chercher la libellule diamantée qu'il portait au revers de sa veste et qui "s'était envolée". Et une dernière chose : je reviens régulièrement chez toi, parce que tu maintiens un des rares<br /> lieux de poésie où je découvre des poèmes à l'état brut sans que je me "fasse chier" avec des circonlocutions savantes ou à un moindre niveau avec un mélange des genres douteux. Tu couples tes<br /> propres écrits - sur le fil du rasoir de la vie - avec ceux d'êtres humains pour lesquels la poésie ne sera jamais une image de marque. Je te salue, grand frère.<br />