Loin du bruit

Publié le par la freniere

On entend au loin des claquements, on tire sur quelque chose, un objet, un animal, un homme. Au nombril des haines, certains s'amusent de la mort. Il faudrait décrasser la folie humaine. Avec quelques mots loin du bruit, il faudrait entrer dans le lieu secret de la voix menue éloignant les mutismes, les caquetages. Il faudrait traverser la forêt singulière, sa part d'ange sur les épaules, et la main écrivant ce qu'elle ne sait pas. Une étincelle de bougie blanche, un torrent qui trace et signe, l'amour aux marges des cavalcades quotidiennes, voilà qui  s'accorderait la main de la maison dans les airs. Un imperceptible murmure échapperait à la réflexion pour brandir le cobalt du ciel au-dessus des oiseaux. Les mots secoueraient des léthargies entées aux gestes coutumiers. Un chant s'évaderait des prérogatives. La vie porterait jusqu'à deux ou trois pépites de soleil et le miracle d'un carré d'herbe défiant les fournaises. La brûlure alors quitterait ses ailes rouges et pourrait entrer dans la joie.

 

Ile Eniger

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