Loin du marketing

Publié le par la freniere

Prix
Loin du marketing
Sixième édition

 

Comme son nom l’indique, le prix Loin du marketing est voué à honorer un écrivain dont les éditeurs n’ont pas les moyens de se payer placards en chêne dans la presse pipeule, attachées de presse aux jolies menottes, cocktails aux tam-tams et diners de connivence, renvois d’ascenseurs et de monte-charges, et, donc,ont peu de chances de voir leurs livres chroniqués dans les médias, et moins encore d’être invités par les bonimenteurs des radios et télés, pas plus que d’intéresser la plupart des libraires l’œil scotché sur le compteur des « meilleures ventes » et contraints de « faire du chiffre » pour payer le loyer.

 

Le prix Loin du marketing est donc voué à honorer un écrivain qui n’a pas bénéficié des stratégies conçues pour que ça marche et qui ne peut compter que sur la qualité de ses écrits pour qu’on s’y intéresse.

Le prix Loin du marketing sera décerné chaque année le 15 août pendant le sommeil des commerciaux.

Le prix Loin du marketing est un prix strictement honorifique. Son lauréat sera au mieux gratifié d’une bonne bouffe arrosée à sa convenance s’il s’aventure jusqu’à Saint Nazaire. Sa seule récompense sera de pouvoir dire : c’est moi qui l’ai mérité !

 

Le sixième prix Loin du marketing a été attribué le 15 août 2014
 à Jacques Josse pour l’ensemble de son œuvre.

 

Jacques Josse aime les poètes et les buveurs de bière. Mais, si ses livres ont un lectorat, ce n’est pas parce que le marketing les a fait mousser. Cette reconnaissance, d’ailleurs peu tapageuse, doit tout à la qualité de ses textes. Poète et romancier,Jacques Josse a écrit tranquillement quelques uns des livres les plus touchants de ces trente dernières années. Une confrérie de lecteurs s’en régale, la choppe à la main, et le nez sur le granit breton qu’il sait si bien évoquer quand le souffle rugueux du vent y pousse les vagues et que les pluies salées arrosent les hommes qui tanguent fort à la sortie des bars.De ces Habitués des courants d’air, Josse a su dire toutes les fêlures comme les maigres joies, dans une langue simple sans être simpliste qui porte l’émotion comme le coude lève le verre.
Son œuvre est aussi habitée de livres comme un havre accueille les bateaux : Des livres ayant auparavant pris soin d’érafler les bordures des trottoirs, des livres aux mots extirpés par pincées de flaques sales (…) où plusieurs éclopés de l’âme ne cessaient de tirailler, d’étirer, de déconstruire de réinventer une langue qu’ils savaient malléable à souhait. Fondateur,par ailleurs, des éditions Wigwam où, pendant 19 ans, il a« hébergé les indiens de la littérature », Jacques Josse a également été directeur de la Maison de la poésie de Rennes. 

 

C’est donc, à tous points de vue, un solide « passeur » que le prix Loin du marketing se plait à saluer.

 

Gérard Lambert-Ullmann

 

 

Publié dans Glanures

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