Marcher vers un ciel de pierre

Publié le par la freniere

Il nous arrive parfois sur le net de tomber sur des textes admirables.

 

Le coquelicot est seul entre les pierres et, pour cette raison, je l’ai photographié, sur les pierres mille fois millénaires où je viens marcher à l’aube, près de la mer, dans ce site d’Ougarit où prit naissance l’écriture alphabétique. Le soleil, d’un même élan, éclaire la mer et la terre. Je marche avec bonheur dans les ruines silencieuses.

Au fond, je le sais d’instinct, bien qu’au bord de partir, de rejoindre l’autre terre, celle de l’enfance, il n’y aura pas vraiment de retour en dépit de la lenteur même du voyage qui s’annonce. Je suis seul dans les ruines hormis deux ou trois ouvriers dont je n’aperçois que les crânes enfouis dans la terre, parmi les pierres que les fouilles bousculent.

Souvent, cette question m’est venue, que ce soit au cœur du Massif central, en Afrique ou ici, au Moyen-Orient où je suis depuis deux années : Pourquoi ce besoin constant d’arpenter toujours des lieux déserts, le désert lui-même, quel qu’il soit : De sable, de cailloux, de maigre végétation ? Pourquoi, de tout temps, n’avoir aimé en Margeride, que les endroits délaissés par les autres hommes puis, les avoir, pour moi-même, érigés en des sortes de lieux de pèlerinage, de méditation, où l’esprit cherche l’apaisement ? Y a t -il dans le monde trop, beaucoup trop d’orage et de tonnerre ? Cette question, une nouvelle fois, monte en moi alors que je marche sous le soleil, dans ce coin désert de la Syrie parce que c’est l’aube, les premières heures du jour.

 

(…)

 

Joel Vernet

 

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Publié dans Poésie du monde

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