Mon âme devient chair

Publié le par la freniere

L’oreille collée sur ta poitrine, j’entends ton cœur me dire «entre chéri». Les bras chargés d’amour, je mets des fleurs dans mes yeux. J’essuie mon âme avant d’entrer. Lorsque je pense à toi, tu es présente. Tu es toujours là. Tu es mon seul continent, mon pays, mon cosmos. Je n’en reviendrai pas de ce voyage à deux. Épris, nous nous prenons l’un l’autre. Mon âme devient chair.

 

À distance de toi, je t’aperçois toujours. Quand je regarde en moi, mon cœur a ton sourire. Ton souffle sur ma peau m’atteint plus que le vent. Il me décoiffe tout entier. Tu es dans l’air que je respire. Je sens une âme en moi faire battre des ailes et prolonger mon corps. Le mouvement de tes bras est la matière du chant. Tes mots de fleurs se répandent dans la chambre et envahissent tout. Je te respire. Je te bois. Je te vois. Je t’aime.

 

J’ai gardé tes mots comme un ruban cadeau. Je m’éveille chaque jour dans ta voix matinale. Au petit déjeuner, chaque nuage de lait est un baiser de toi, chaque gorgée, chaque grain de café. L’eau du bain m’ouvre les bras et tes caresses me lavent. Chaque pore de ma peau accueille ton odeur. Dehors, les érables rougissent en t’attendant. Les yeux du lac scrutent le ciel au passage des avions. Dans leur sillage, le vent du nord te rejoint. C’est pour toi que j’arrose tout un bouquet de lettres, la tige de ton nom, ses pétales doux. Prévoyant ton retour, petits suisses et mésanges aménagent leur nid.

 

Ton corps est ma seule route. Mes mains se perdent sans toi. Mes yeux ne voient plus rien. Aime-moi du mot femme. Je te soulève du mot caresse. Tu fais de l’homme un mot d’amour. Mon cœur penché vers toi, laisse-moi réparer tes ailes que j’ai rognées. Appuie-toi comme un soleil sur mon épaule. Je pense à ton corps. Je suis avec toi. Nous touchons l’espérance. Le désir bouge à l’intérieur de nous. Le temps a cessé d’être le temps. Je ne compte pas les jours mais les battements de cœur. Ma main gauche est posée sur ton ventre. Tes cheveux parlent dans ma tête. Ton odeur a remplacé la mienne. Nous nous rapprochons l’un de l’autre pour nous embrasser. Il ne fait plus froid. Il ne fait plus noir. Notre maison est chaude. J’y repeins chaque jour la chambre des caresses.

 

Tu mets tes mains devant ton cœur et tu attends que je les ouvre. Je mets mes pas dedans les tiens sans que la route se dédouble. Nous allons tous les deux sur le même chemin. Nous sommes si unis qu’une seule âme suffit. Tu mets tes yeux dedans les miens et nous voyons les mêmes choses. Je ne vois rien sans ton regard. Je me découvre dans ton corps. Ta nudité n’en finit pas d’apporter la lumière. La ligne d’horizon a pris la forme de tes hanches. Ton cœur est un grand livre. Il n’y a rien au monde que je ne puisse y lire. Chacun de nous appartient à l’autre lorsque notre âme s’incarne dans nos gestes. C’est par toi que je communie au monde. Plus que le sentiment de vivre, tu m’apportes la vie. Tu m’aimes comme je rêvais de l’être. Il n’y a pas d’amour plus amoureux que nous.

 

L’espace qui nous sépare, je le remplis de toi. Nos fronts se penchent l’un vers l’autre sans autre terre que nous. Tu viens dans les rêves me dire «je t’aime». Je veux être dans les tiens avec la même douceur. Je t’embrasse partout, par tout toi. Je pense à toi là-bas du plus profond de moi. Je t’écoute. Je t’entends. Je te donne la main. J’ai besoin de toi. Je crois en toi comme je crois en nous. Je t’aime et tu m’habites. Tu es celle que mes mots ont envie de garder, ce lieu où je renais, la route que je prends, la lumière où je puise ma force.

 

Toujours ému par toi, le désir de t’aimer ne me quitte jamais. La couleur de tes yeux circule dans mes veines. La chaleur de ta peau colore mes caresses. La douceur de ta voix agrandit mon écoute. Tu entres dans mes mots comme un vent d’infini. Penché sur les battements du monde, je n’entends que ton cœur. J’avance, mon amour, sans autre providence que ta main dans la mienne. J’ai brodé sur ma langue les lignes de ta peau. Une semaine, un jour, une seconde sans s’aimer ne serait que du temps perdu.

 

Je sais ce que veut la pluie. Elle court te dire que je t’aime. Le soleil l’accompagne et porte mes caresses. Je t’aime et te le dis par tous les grains de l’air, les pores de la peau, les portes ouvertes sur l’azur, les images entrevues. Je t’écoute par tous les sons perçus, la musique latente, la sonate végétale des bois. À chaque jour, j’attends un évènement, ta présence, ta voix, ton amour. C’est la fête à chaque fois qu’il arrive. Notre éloignement nous rend inséparables.

Publié dans Prose

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