Néo-bushido

Publié le par la freniere

I

tu ne commanderas
ni le regard ni
son amplitude

qui te forcerait les yeux
que tu les voudrais clore

 

*

II

comme l’enfant nu
ajuste son regard sur le monde

le monde ajuste très lentement
sa nuit dans tes prunelles

qui peut critiquer la nuit ?

 

*

III

chacun ouvre l’oeil en son temps

une fleur dont les fragiles pétales
frangent un réel unique parmi d’innombrable

une nuit
une seule
suffit

quelle sera la tienne ?

 

*

IV

toute compréhension choisit son moment

si ce n’est pas le tien
quelqu’un d’autre se charge de cette réalité

 

*

V

tu es toujours aveugle
autres — des réels palpitent tout autour — foison

le miracle
est de les entendre

  

Catrine Godin

Publié dans Poésie du monde

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