Nouvelle bonté

Publié le par la freniere

Il n’est pas question de livrer le monde

Aux assassins d’aube

La vie-mort la mort-vie

Les souffleteurs de crépuscule

Les routes pendent à leur cou d’écorcheurs

Comme des chaussures trop neuves

Il ne peut s’agir de déroute

Seuls les panneaux ont été de nuit escamotés

Pour le reste

Des chevaux qui n’ont laissé sur le sol

Que leurs empreintes furieuses

Des mufles braqués de sang lapé

Le dégainement des couteaux de justice

Et des cornes inspirées

Des oiseaux vampires tout bec allumé

Se jouant des apparences

Mais aussi des seins qui allaitent des rivières

Et les calebasses douces au creux des mains d’offrande

 

Une nouvelle bonté ne cesse de croître à l’horizon

 

Aimé Césaire

Publié dans Poésie du monde

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