On va rien lâcher

Publié le par la freniere

Ma petite gueule d'amour, mon Polo, mon ami Châtaigne. On va rien lâcher, on va aimer, regarder derrière pour rien oublier, ni les yeux bleus ni les regards noirs.

 

On perdra rien, peut-être bien un peu, mais ce qu'il y a devant, c'est si grand. Ma petite gueule d'amour, mon Polo, mon ami Châtaigne. T'as bien le temps d'avoir le chagrin éternel. S'ils veulent pas le reconstruire le nouveau monde, on se mettra au boulot. Il faudra de l'utopie et du courage, faudra remettre les pendules à l'heure, leur dire qu'on a pas le même tic-tac, que nous, il est plutôt du côté du coeur. Fini le compte à rebours du vide, du rien dedans.

 

Ma gueule d'amour, mon petit pote d'azur il est des jours où je ne peux rien faire pour toi. Les conneries je les ai faites, et c'est un chagrin qui s'efface pas. Faut pas manquer beaucoup pour plus être le héros, faut pas beaucoup... Je t'jure petit frère, faut freiner à temps. Va falloir chanter l'amour, encore plus fort. Y'aura des révolutions qu'on voudra pas, et d'autres qui prennent leur temps, pourtant c'est urgent.

 

Où est la banque ? Il faut que je mette une bombe, une bombe désodorante, une bombe désodorante pour les mauvaises odeurs du fric qui déborde. Pas de place pour les gentils, pour les paumés de la vie. Chez ces gens-là, on aime pas, on compte.

 

Ma petite gueule d'amour, mon Polo, mon ami Châtaigne. P'tit frère, putain, on va le reconstruire ce monde ! Pour ça, Tonton, faut lui tendre la main. Tonton, il peut rien faire si t'y crois pas. Alors faudra se regarder, se découvrir, jamais se quitter.

 

On va rien lâcher. On va rester groupé. Y'a les frères, les cousines, les cousins, y a les petits de la voisines, y'a les gamins perdus qui deviennent des caïds de rien, des allumés qui s'enflamment pour faire les malins. Y'a la mamie qui peut pas les aider, qu'a rien appris dans les livres, mais qui sait tout de la vie. À force de ne plus croire en rien, c'est la vie qui désespère. Faut aimer pour être aimé. Faut donner pour recevoir.

 

Viens vers la lumière, p'tit frère. Ta vie c'est comme du gruyère, mais personne ne le dis que tu as une belle âme. Ma petite gueule d'amour, mon Polo, mon ami Châtaigne. On va rien lâcher. On va aimer regarder derrière pour rien oublier.

 

Richard Bohringer

Publié dans Poésie du monde

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A
<br /> Superbe !<br />
L
<br /> Excellent, j'ai cherché quelles lignes j'allais te chiper, pour pas manger le gateau entier, en laisser pour les autres, tu vois, et je ne peux pas. Je ne peux pas n'en prendre qu'un morceau,<br /> c'est le tout qui a bon gout, si je le coupe, il s'écroule. Je prends tout, JM,  je le poste chez moi partout (j'ai des partout partout) C'est un superbe cadeau de fin d'année. Merci, et<br /> noublie pas que je ne t'oublie pas.<br />