Où sont les féministes ?

Publié le par la freniere

Étant quelque peu en état de flottement ces jours-ci, j'ai fait la vache - entre deux poèmes d'Antonin Artaud, j'ai jeté par-ci par-là un coup d'oeil à "notre télévision". Voici brièvement ce que j'y ai vu:

 

1) L'hystérie collective: par-devers le club de hockey Les Canadiens de Montréal: prix moyen des billets pour assister aux matches des séries éliminatoires: 787$! Et les femmes sont désormais aussi pâmées que les hommes pour ce sport qui n'en est plus un: une énorme business qu'on publicise à grands coups de millions de dollars, mais de façon toujours aussi traditionnelle qu'avant: des hommes hallucinés et les femmes confinées au rôle d'objets qu'on exploite sans vergogne: sexualité débridée, gros tétons et vêtements écourtichés - sans parler de la bière qu'elles offrent aux hommes et qu'elles boivent elles-mêmes comme eux, safrement - assoiffées, vulgaires et déjantées - juste pour être "à la hauteur" de l'homo sportifuciste, épais, épais et épais encore!

 

2) Les maudites publicités de chars: les grands fabricants d'automobiles utilisent de plus en plus les enfants dans leurs annonces. Pauvres enfants! On nous laisse croire que ce sont eux qui "doivent" choisir la voiture de leurs parents: on leur fait toucher les voitures, regarder sous le capot, s'extasier devant le tableau de bord, etc. Ainsi les prépare-t-on déjà à devenir les consommateurs de demain... absolument écoeurant! Comment et pourquoi les femmes acceptent-elles qu'on se serve ainsi de leurs enfants à des fins aussi odieuses? Quel sens doit-on accorder au silence des féministes sur un sujet qui me semble pourtant de la plus haute importance? Serait-ce qu'elles se "masculinisent" sans s'en rendre compte? Ne participent-elles pas de plus en plus à ces jeux dits extrêmes, y compris la guerre, comme les soldates américaines qui ont obtenu le "droit" de combattre, lourdement armées, sur les champs de bataille? Sacrer une volée à une adversaire dans une arène, tuer des civils au front, est-ce cela que les femmes appellent l'égalité?

 

3) à la télé encore: j'ai vu cette pub d'une femme au foyer, qui a vraisemblablement passé la journée à cuisiner, et qui attend l'arrivée de son homme. Celui-ci entre, passe à côté d'elle comme si elle n'existait pas et va s'asseoir devant une table garnie de malbouffe. Pas de problème! Le gars s'assoit, avale quelques tumbs et se met à manger comme un ogre, sa femme laissée au vestiaire! Morale: la femme au foyer est nulle, quétaine, ne connaît rien à la nourriture! Mais peu importe: les tumbs sont là pour qu'on puisse ravaler sa niaiserie. Dégoûtant! Comment, en 2014, peut-on laisser passer de pareilles publicités?

 

4) la Commission Charbonneau: les femmes ministres, députés, chefs de cabinet, organisatrices électorales, chercheuses de fonds, se réfugient toutes dans la naïveté dès que leurs actes sont questionnées: elles ne sont pas au courant, elles ne font que répondre aux demandes que les hommes dits politiques leur font, sans arrière-pensée "tellement elles sont généreuses de leur personne" comme il a été dit de Nathalie Normandeau pour justifier ses "apparitions" aux soirées de financement du Parti libéral. Du temps de Jean Charest, est-ce pour cette raison (et non pas celle invoquée: l'égalité homme-femme) que plusieurs des Ministères les plus importants ont été attribués à des députées... plus faciles à enfirouaper?

 

Je pourrais continuer ainsi toute la journée... mais à quoi bon? On a déjà là l'essentiel... cette masculinisation de la femme sur laquelle la femme elle-même ne s'interroge pas. Ne serait-il pas grand-temps qu'elle s'y mette?

Ceci étant dit, ce sera une autre petite journée tristounette dans le Bas du Fleuve: il faisait 1 degré celsius quand je suis sorti de mon lit tantôt. De la brume et de la pluie annoncées pour ce jour d'hui et demain. De quoi s'évacher et lire quelques lignes d'Antonin Artaud:

 

«Lettre sans lettre
mot sans mot,
ceux qui n'ont pas gagné d'être vivants par eux-mêmes,
mais du doute seul qu'ils ont su inspirer,
OMIS, tramé,
et insinué,
nous décollant de nous pour nous forcer à transmettre,
par-dessus tout l'omis de l'être,
ce qui oserait leur réalité.»

 

Victor-Lévy Beaulieu

 

Publié dans Glanures

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