D'asile en exil

Publié le par la freniere

Tu te faufiles entre l’ombre et la lumière

pour comprendre que l’espace se résume

à quelques empans, à une portée de pas.

Au loin les sommets signalent tes limites,

mais c’est pourtant vers eux que tu regardes,

certain que l’inaccessible soutient ta marche

et que la cendre refroidie, le souvenir du feu

            n’en est que plus vivace.

 

                                  ***

 

Voyageur anonyme

au passeport périmé,

les vents t’ont cloué à ta marche,

les mots ont glissé

sur ta peau, sur la page.

 

Glaneur revenu des moissons,

tu n’as rien recueilli,

sauf une brassée de pluie

au cœur d’un arc-en-ciel.

 

                                   ***

 

En exil, ici ou ailleurs,

parviendras-tu

à découvrir

ce lieu qui n’est ni le fleuve

ni la source ni l’embouchure,

pas davantage le sommet ou la vallée ?

 

Ce lieu, tu le situes

à l’écart de la vie et de la mort,

pareil à un visage attendu

dont le nom ne t’a pas été révélé.

 

 

 Max Althau

Publié dans Poésie du monde

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