Pour en finir

Publié le par la freniere

je réclame

la pensée qui

ne soit pas la réaction chimique

car la pensée est la

petite chaleur

de la thermodynamique du corps

pourri de l'europe

je réclame la parole

à l'angle extrême du feu

de la gencive

porter la pierre qu'on jette

à l'intérieur de soi

je réclame qu'on parle

d'autre chose que

des momies

des tumulus de savoir

décomposé pourri et

parfumé

casser tous les miroirs de votre

reflec flec flec tion

car je sais que la parole

est une masse

rotatoire

qui sort du trou de ma trachée

pour en finir avec l'oeil dans l'oeil

l'image des télés

je réclame une pensée parole

qui ravage une fois pour toute

la mauvaise conscience de la beauté

et la conscience tout court

je réclame

qu'on fasse feu et rage des clôtures

où la peur moisit

qu'on fasse feu et rage des clôtures

où la peur moisit

qu'on détruise et qu'on ravage

toutes les idées qu'on a pensé

depuis l'origine de la mémoire

à commencer par l'articulation de la logique

les particules

les enchaînements

ensuite qu'on fracasse

les causes

le désir

le bien le mal

la justice et l'injustice

pour en finir

avec les châteaux mausolées de l'âme

pour penser avec la peur au ventre

de la pierre

pour en finir avec l'imbécilité de la raison

et des explications minables

avec les politiciens

aussi bien que

la coquetterie des manifestants

devant les miroirs des caméras

de la télévision

 

pour qu'on en fasse de la pensée

européenne

c'est à dire

de la pensée après coup

de la pensée arque boutée contre la peur

contre la guerre

je réclame de briser les catégories

car

mon temps

n'est pas dedans

de votre société de faits connus

de merde

votre société d'archives

de pharaons

de tombes de 1000 vies

mon temps n'est pas là

je n'ai pas le temps de

suinter-ensemble

de la pensée qui s'ajuste

à l'articulation

je réclame je réclame

glapir

 

Michel Gerbal

Publié dans Poésie du monde

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