Pour la démocratie

Publié le par la freniere

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Il y a deux démocraties possibles

 

L'une fait de gros sous avec la destruction de bâtiments patrimoniaux, menace la vie sociale, illusionne avec les projets de fausses retombées économiques pour quelques-uns, détruit les paysages patrimoniaux, bouleverse la vie fraternelle, amicale et parentale, agite le spectre du progrès comme justificatif de modernité et d'avancement, se rallie à l'idéologie du profit pour le privé et de pertes pour le public, implante des projets ruineux, anti-démocratiques, fait la sourde oreille aux cris avisés citoyens, musèle les droits de parole, chronomètre la richesse de l’expression, réduit et cadence les lieux du dire ce que nous sommes aux autres, enrichis quelques-uns pour appauvrir l'ensemble, met la région en feu et la civilisation en cendres, fait des Bois-Francs la porte de la région des ténèbres, donne nos ressources pour des peanuts en niant la volonté citoyenne dans toutes ses différences. Elle maquille la liberté, étouffe les arts, piétine la pensée, glorifie le dieu argent, détruit le patrimoine sans considération de l'importance des traces signifiant ce que nous sommes et permettant de comprendre d'ou nous venons en allant vers notre destinée.

 

Et puis l'autre, le lieu de tous les citoyens-nes dans toutes leurs différences, celle qui peut et veut rejoindre tous les peuples un jour. Elle affirme une liberté sans usurpation et sans violence. Elle cherche l'égalité qui permet une croissance naturelle pour chacun, une fraternité, un partage. Elle assure l'enseignement, la connaissance, comme le soleil donne la lumière, gratuitement. Elle favorise la clémence des lois et une conciliation impliquant le citoyen en amont pour les responsabiliser en aval.

 

Elle privilégie les transports en commun, moins polluant, elle reboise le territoire tout en le respectant dans a finalité. Elle comprend les agriculteurs, les forestiers, les acériculteurs dans cette modernité où le marché veut tout régimenter. Elle prend partie pour ses citoyens contre la machine à profits et à enrichissement. Elle défriche, agrandit le patrimoine agricole tout en mettant à sa place la folie suicidaire du développement durable dont l'une des finalités est l'industrialisation de toute parcelle d'éternité et de beauté pour y introduire, cadences, horaires, compteurs, tour de cadrans pour permettre aux actionnaire d'empocher les bénéfices. Elle protège l'usufruit de nos ressources en respectant les premiers habitants dans leurs droits et privilèges. Elle se met au diapason des différences pour résonner fort et magistralement. Elle est antidote au catimini, aux lobbys, aux  zamis, aux larbins. Elle s’alimente au souffle de la parole des citoyens et aux signes du territoire. Elle a dans sa besace la sagesse de la précaution et la dynamique de la consultation. Elle considère que le travail, passé, présent,  futur, est un des moyens pouvant permettre l'accès à la propriété et au crédit. Mais elle s'occupe aussi de rendre possible ces aspirations grâce à d'autres moyens.

 

Elle contribue pacifiquement à résoudre le glorieux problème du bien-être collectif. Elle rend possible l'affirmation des artisans en favorisant l'utilisation des outils industriels, scientifiques, artistiques, intellectuels. Sans se fier aux esprits, aux colifichets, aux gurus, sans négliger le possible, le vrai, elle poursuit la réalisation sereine de tous les grands rêves de sagesse, de paix et d'harmonie.

 

Elle privilégie l'existence de toutes les valeurs et occupations en prenant pour acquis que le fort ne peut se faire sur le faible. Elle exerce le pouvoir sur la même base que la liberté, cad un droit pour tous et toutes. Elle subordonne la force à une intelligence qui respecte les autres dans toutes leurs différences. Elle est frein au terrorisme, bras armé de la barbarie. Elle peut faire la loi des citoyens  pour calibrer le rythme de la paix.

 

De ces 2 démocraties nous privilégions l'autre, celle aux gestes responsables pour civiliser, alors que l'une cadence la tourmente.

 

Travaillons à affirmer la différence pour établir l'autre et empêcher l'une.

 

Serge Gagné

 

 

Publié dans Glanures

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