Prisonnier ou gardien

Publié le par la freniere

La légèreté de la neige a fait plier le chêne. Je n’ai pas d’heure mais des battements de cœur. Je n’ai pas de maison mais des pas sur la route. J’ai grandi entre les lignes d’un cahier, dans l’utérus des mots. Prisonnier ou gardien, il faudra bien ouvrir la porte. Il y a des rails qui s’acharnent à dessiner des gares pour les trains égarés, des routes qui s’entêtent à effacer les pas, des voyageurs qui partent sans savoir où ils vont. Comment faire le bien quand la carte de crédit est le seul visa, le seul sésame, la seule clef du labyrinthe ? Comment faire un jardin quand les lapins se perdent le chapeau du magicien ? Je me suis fait de lettres pour témoigner de l’encre. Je me suis fait de chair dans un peuple fantôme. Je me suis fait une âme pour témoigner de l’homme. Je me suis fait de mots pour donner vie aux morts. Les heures changent comme l’ombre des arbres.

Publié dans Prose

Commenter cet article